UNE EMPREINTE DU CERVEAU DE L’HOMME DE CRO-MAGNON RECONSTITUEE EN 3D
Antoine Balzeau (1) et Dominique Grimaud-Hervé (2), paléoanthropologues respectivement au CNRS et au Muséum national d’Histoire naturelle, viennent de reconstituer en trois dimensions l’empreinte du cerveau fossile de Cro-Magnon, l’un des plus anciens Homo sapiens européens grâce à la numérisation du crâne conservé au Musée de l’Homme.
CRO-MAGNON, UN « ANCÊTRE » EMBLEMATIQUE
Découvert en 1868 dans le fameux abri de Cro-Magnon, en Dordogne, qui contenait cinq squelettes (trois hommes, une femme et un enfant), le premier spécimen appelé Cro-Magnon 1 et conservé dans les collections du Musée de l’Homme, est le plus célèbre. Il s’agit d’un individu masculin, assez âgé et ainsi parfois surnommé le « vieillard ». Il comprend en particulier un crâne presque complet. C’était la première fois qu’étaient observés des Homo sapiens fossiles et ils ressemblaient beaucoup aux hommes de l’époque. Ces fossiles ont tant marqué les esprits que le terme de « Cro-Magnon » est encore utilisé couramment pour désigner les hommes préhistoriques.
Une datation récente des parures en coquillages perforés qui accompagnaient les restes humains indique qu’ils auraient environ 28 000 ans et font donc partie des plus anciens individus attribués à notre espèce, Homo sapiens, découverts sur le continent européen.
DE NOUVELLES PERSPECTIVES DE RECHERCHE
Les méthodes d’imagerie ont récemment permis des avancées innovantes pour la préservation des collections, mais ont aussi ouvert de nouvelles perspectives en termes de présentation muséographique et d’analyses scientifiques. En effet, les fossiles originaux doivent être conservés dans des environnements parfaitement adaptés et leur manipulation doit être restreinte pour préserver ce patrimoine irremplaçable. Ainsi, le crâne de Cro-Magnon 1 a été numérisé à l’aide d’un scanner médical. Les données obtenues ont permis d’observer un ensemble de structures anatomiques internes au crâne, et donc inaccessibles sur le fossile original. Il s’agit par exemple de la pneumatisation (les bulles d’air incluses dans les os) de la face ou de l’os temporal, des canaux semi-circulaires (ce sont les organes de l’équilibre), de l’épaisseur des os et de leur constitution (les os du crâne sont composés de trois couches différentes).
Cette étude a aussi permis aux chercheurs de découvrir l’endocrâne de Cro-Magnon 1. L’endocrâne correspond aux empreintes laissées par le cerveau sur la surface interne du crâne. Il reflète donc la forme et la taille des différentes parties du cerveau. Celui de Cro-Magnon 1 a été reconstruit virtuellement en 3 dimensions sur l’écran de l’ordinateur.
Puis, grâce aux techniques de prototypage, il a été possible de produire un objet physique à partir de ce modèle virtuel, grâce à une collaboration avec la société Initial. Les scientifiques disposent maintenant d’un objet physique, représentant la forme et la surface du cerveau de Cro-Magnon 1. Son étude va permettre d’en apprendre plus sur les changements de forme du cerveau au sein de l’espèce Homo sapiens, depuis ses représentants européens les plus anciens jusqu’aux hommes actuels.
1. Antoine Balzeau est chargé de recherche au CNRS (UMR 7194 Muséum national d’Histoire
naturelle/CNRS). Il est co-auteur avec Sophie A. de Beaune, de « La Préhistoire » aux éditions Chroniques et
CNRS.
2. Dominique Grimaud-Hervé est professeur en paléoanthropologie du Muséum national d’Histoire naturelle
(UMR 7194 Muséum national d’Histoire naturelle/CNRS).
source MNHN/CRNS
Randonner responsable
À l’heure où –enfin- une conscience de plus en plus claire se fait jour quant aux problèmes liés à la protection de l’environnement, que sait le randonneur des espaces où il circule (où il se perd, parfois), tant du point de vue de ses droits que celui de ses devoirs ? Quelles idées a-t-il (se fait-il) des espaces réglementés ?
L’auteur, après avoir posé quelques contours philosophiques à l‘acte de marcher, répond en différenciant et explicitant ces nombreuses classifications : Parc national, Parc naturel régional, Réserve naturelle, Site classé, Conservatoire du littoral, Natura 2000, Réserve de biosphère, Réserve de chasse, Corridor biologique…
Comment mesure-t-on son implication dans la nature ? Sait-on interpréter la notion d’écosystème, mesure-t-on l’influence humaine sur la modification des paysages, sait-on comment ne pas perturber un habitat ? En deux questions plus simples : la nature, c’est quoi ? Y marcher, comment ?
Cet ouvrage, à glisser dans chaque sac à dos, permet également de choisir un équipement ou un hébergement « éco-responsable », d’acquérir les rudiments de l’observation naturaliste, sans oublier de prévenir les dangers. Ponctué de témoignages de naturalistes, il permettra de randonner sans être déboussolé, d’être réceptif au lieu et au milieu, y compris à l’invisible…
Randonner Responsable
Collection : Rando pratique
Auteur : Catherine Levesque
Format : 12 x 19 cm
Nombre de pages : 80
PVP : 8,50 €
Le retour du bouquetin en Chartreuse
La réintroduction du bouquetin en Chartreuse est pour bientôt !
Après 10000 ans d’absence ce magnifique animal va pouvoir fréquenter à nouveau les sommets chartroussins.
En effet les traces et vestiges de bouquetins dans le massif sont très anciennes, il existe au Muséum de Grenoble un fossile datant de -10 000 ans qui atteste de la présence du bouquetin à cette époque.
Essentiellement lié aux milieux rocheux et pentus, le bouquetin avait disparu des Alpes françaises sous la pression de la chasse. La persistance d’une petite population en Maurienne et la création du Parc de la Vanoise en continuité avec son « cousin » italien du Gran Paradisio ont permis de sauver cette espèce de la disparition.
La réserve naturelle des Hauts de Chartreuse s’est imposée lors de l’étude de faisabilité pour accueillir les animaux à réintroduire. Ceux-ci proviendront du Parc de la Vanoise qui a déjà fourni les animaux pour de nombreuses opérations de réintroduction, ainsi que du massif de Belledonne, car les deux populations ont des caractéristiques génétiques différentes. L’année 2010 devrait voir les premiers lâchers. Les bouquetins seront équipés d’un collier émetteur et de marques auriculaires, ils pourront ainsi être identifiés afin de faciliter le suivi de l’opération.
Petit rappel sur l’espèce : de la famille des ongulés le bouquetin (du moins une espèce orientale) est le lointain ancêtre de la chèvre domestique.
Le mâle est coiffé de cornes incurvées vers l’arrière qui peuvent atteindre le poids de 6 kilos et 80 cm. Il peut atteindre 100 kilos et vivre 18 ans pour le plus vieil individu de Vanoise.
La femelle ou étagne est aussi coiffée de cornes beaucoup plus fines de 25 cm environ. Elle pèse en moyenne une cinquantaine de kilos.
Les petits appelés cabris dans leur première année naissent au printemps, vers le début du mois de juin, souvent sur une vire inaccessible ; ils sont dépourvus de cornes dans leurs cinq premières semaines. Par la suite les mères rejoignent des chevrées où les cabris sont surveillés collectivement.
Les éterles ou – éterlous pour les mâles – sont les individus âgés de 1 à 2 ans ; le dimorphisme sexuel apparaît vers cette époque, les mâles ayant des cornes bien plus larges à la base.
Le rut a lieu en décembre/janvier, c’est l’occasion pour les animaux de se rassembler en grands troupeaux et pour les mâles adultes de se livrer à quelques joutes impressionnantes.
Conseils d’observation : le bouquetin est la moins farouche des espèces de mammifères des Alpes, mais pour autant il ne faut pas négliger le respect qui lui est dû. Un affolement provoqué dans le milieu où il vit pourrait lui être fatal, étant donné leur prédilection pour les falaises et autres barres rocheuses.
Lorsque vous repérez un animal ou un groupe, l’approche doit être lente, se faire accroupi autant que possible, pas de gestes brusques, pas de bruit.
Les meilleurs souvenirs de moments passés en compagnie de ces animaux restent ceux où, assis tranquillement dans l’herbe, je les ai regardés s’approcher. Le passage d’un grand mâle à moins d’un mètre cinquante a certes été impressionnant mais sans danger. Ne les poursuivez jamais non plus, ils peuvent nous offrir des moments magiques mais seulement s’ils l’ont choisi.
Si vous voyez un animal marqué, pensez à noter la couleur et le côté de ses marques et à transmettre les informations au parc de la région concernée, c’est très utile pour le suivi de l’espèce.
Eric Breyton
Note : Un cycle de conférence sera organisé fin mars / début avril. Ce sera l’occasion de mieux faire connaissance de ce représentant emblématique de la grande faune de montagne et d’appréhender les enjeux de son retour en Chartreuse.
Eric Breyton est photographe animalier, passionné de montagne d’où il ramène de fabuleuses images de bouquetins de tous âges. Son site internet qui présente quelques unes des ses photos , « vaut le détour », …
http://photonature.over-blog.org/
Pierre Demeure
Dans le sillage des requins
Le magnifique film « Océans » a ouvert les yeux de nombreux spectateurs sur la vie sous-marine, notamment sur les requins porteurs de toutes les angoisses des vacanciers du bord de mer…
Et pourtant les chiffres rappelés à l’entrée de l’exposition parlent d’eux même, dans leur froideur : chaque année, 15 humains sont victimes des requins, pour 100 000 000 de requins victimes des hommes. Cherchez l’erreur !!!
L’expo « Dans le Sillage des Requins », proposée par le Muséum d’Histoire Naturelle et l’Aquarium de la Porte Dorée, veut rétablir la vérité, retracer l’évolution des requins et sensibiliser aux dangers qui en pesant sur eux menancent bien d’autres espèces, dont la nôtre…
Cette exposition vous emmène à la découverte de l’univers fascinant des requins et de leurs cousins. Dans un espace de 600 m², se mêlent poissons vivants, images du film OCEANS, spécimens naturalisés, et aussi d’extraordinaires pièces fossiles, présentant ces animaux qui existent depuis plus de 400 millions d’années mais qui sont aujourd’hui menacés d’extinction, mettant en péril toute la biodiversité marine.
Cinq grandes parties rythment l’exposition :
- les poissons cartilagineux : requins, raies et chimères font partie d’un même groupe zoologique, les chondrichtyens ;
- l’évolution de ces poissons, dont l’apparition sur Terre remonte à 400 millions d’années ;
- la diversité des espèces, de la plus impressionnante à la plus petite ;
- leurs capacités motrices et sensorielles hors du commun ;
- ces espèces sont en réel danger d’extinction, leur protection est primordiale.
On y découvrira des animaux vivants bien sûr : requin-zèbre (pêché dans l’océan pacifique), requins-chabot (issus de reproductions en aquarium), requins à pointes noires (pêchés en Indonésie), et plusieurs espèces de raies d’Amazonie qui se reproduisent régulièrement à l’Aquarium de la Porte Dorée, ainsi qu’une vingtaine de spécimens naturalisés pour cette exposition par Bernard Bourlès, unique spécialiste de la taxidermie de ces poissons cartilagineux en France.
Les squelettes, dents, mâchoires fossiles présentés, dont certains ont plusieurs centaines de millions d’années, proviennent des collections de paléontologie du Muséum national d’Histoire naturelle.
La pièce la plus exceptionnelle de cette collection est sans nul doute le cerveau fossile de chimère, vieux de 300 millions d’années. Premier cerveau fossilisé jamais découvert au monde, par les scientifiques du Muséum en mars 2009 au Kansas, Etats-Unis, il est pour la première fois exposé au public.
Autre pièce phare : la reconstitution grandeur nature d’une mâchoire de Megalodon qui mesure près de 2 mètres de hauteur (prêté par le parc zoologique de Doué La Fontaine). Le Megalodon est probablement l’ancêtre du requin blanc. Il s’agit de l’un des plus gros spécimens de requins ayant jamais vécu sur Terre.
Enfin, des images issues des rushs du film de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud OCEANS permettent de découvrir les requins et leurs cousins dans leurs milieux naturels, et sensibilisent les visiteurs à ces animaux marins qui ne demandent qu’à perdre leur réputation de « grands méchants », et à être protégés des menaces qui pèsent sur eux et par ricochet, sur l’ensemble de la biodiversité marine.
ouverture :
du mardi au vendredi de 10h à 17h15 et le week-end de 10h à 18h45. Fermé le lundi.
tarifs :
plein tarif : 6.50 €, tarif réduit : 5 €
Visites commentées pour les groupes (adultes et scolaires) les mardis et jeudis, hors vacances scolaires, sur réservation au 01 44 74 84 98 ou sur www.aquarium-portedoree.fr
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Festival International des Jardins de Chaumont s/ Loire : Jardins Corps et Ame
Depuis 1992, le Festival des jardins constitue un panorama étonnant de l’état de la création paysagère dans le monde.
En 18 saisons, près de 400 jardins ont été créés, prototypes des jardins de demain.
A la fois mine d’idées et pépinière de talents, le festival redynamise l’art des jardins et intéresse le public et la profession en présentant de nouveaux fleurissements, de nouveaux matériaux, des idées et des approches novatrices. La diversité, la créativité et la qualité des projets ont contribué à établir la réputation mondiale du festival qui est devenu un rendez-vous incontournable pour la présentation des travaux d’une nouvelle génération de paysagistes, d’architectes, de scénographes ou de jardiniers …
Au cœur du jardin, le corps et l’âme exultent. Lieu du bien-être, de « l’otium », du repos décrit par les Anciens, le jardin est d’abord « l’endroit où l’on se sent bien ». Agissant sur tous les sens, il est le lieu d’apaisement et de sérénité par excellence : un espace propice à la contemplation et à la stimulation de l’imaginaire.
Mais il est aussi le lieu qui fait naître ces plantes qui soignent le corps, et plus généralement les herbes de santé, les plantes aromatiques, les plantes condimentaires… Le jardin génère les médicaments, mais aussi les onguents, les parfums, les saveurs…
Parfois considéré comme un espace de rédemption de nos tourments, il est également un lieu qui reconstruit et soigne l’esprit. « Toucher la terre » agit sur notre équilibre intérieur et l’on a pu mesurer le pouvoir du jardin sur les pathologies cérébrales et neurologiques. Dépenses physiques, activité intellectuelle, convivialité, tout concourt au jardin à favoriser les énergies positives.
Le jardin soigne aussi les paysages blessés, qu’il embellit, restaure, répare ; il participe même d’une purification de la nature empoisonnée par l’homme (pesticides, pollutions diverses…) avec les plantes dépolluantes, détoxifiantes.
Si le jardin soigne l’âme et le corps, il suscite des passions, des engagements « corps et âme » au service de cette cause de la beauté, du bonheur et du mieux-être. « La beauté – écrivait Stendhal – est une promesse de bonheur ». Le jardin sait tenir cette promesse et nous offrir le plaisir de le contempler dans son invention et ses diversités.
Nul ne peut plus ignorer combien le jardin prend soin de nous, influe profondément sur le corps et l’esprit et contribue ainsi à « soigner », à guérir, de diverses manières. Hortithérapie, phytothérapie, hédothérapie sont parmi les pratiques thérapeutiques multiples engendrées par le jardin.
La Présidence du jury 2010 a été confiée au grand neurologue Jean-Pierre Changeux. Biologiste de formation, il est également l’auteur de nombreuses publications sur l’art, l’éthique et la philosophie et préside notamment la Commission interministérielle pour la conservation du patrimoine artistique national.
Une vingtaine de jardins a été sélectionnée par le jury parmi plus de 300 propositions venues du monde entier. L’Angleterre, l’Allemagne, l’Italie, le Japon et les Pays-Bas sont représentés cette année.
« Carte verte » sera également donnée au grand architecte Dominique Perrault, au romancier, spécialiste des jardins Jean-Pierre Le Dantec, au paysagiste Michel Racine et à la plasticienne Béatrice Saurel, aux artistes Anne et Patrick Poirier et au chorégraphe Benjamin Millepied.
Avec « Jardins de lumière », une mise en lumière originale des parcelles du Festival, le visiteur sera également invité à une promenade nocturne inédite.
Thérapeutes de l’âme autant que du corps, les jardins 2010 sont une invitation à la sérénité et à l’harmonie.
Le Festival International des Jardins se déroulera du 29 Avril au 17 Octobre 2010.
Le Journal Nature se fera l’écho des événements, animations et manifestations organisées au cours du Festival.







