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Protection


Chantal Jouanno : il n’y aura pas de réintroductions d’ours dans les Pyrénées

Chantal Jouanno, secrétaire d'état

Chantal Jouanno avait déclaré au printemps qu’elle ne serait pas la ministre qui laisserait s’éteindre l’ours dans les Pyrénées. Elle ne sera certainement pas celle qui lui redonnera un avenir serein.
Elle doit se rendre à Toulouse le Lundi 26 Juillet pour rencontrer les « protagonistes », agriculteurs/éleveurs et associations écologistes, défenseurs de l’ours. Les déclarations ne seront vraisemblablement pas à la hauteur des espérances de ceux qui croyaient en un engagement fort pour l’espèce emblématique de la biodiversité en Pyrénées.

Le ministère semble ne plus vouloir parler de réintroductions, en raison des « réactions de rejet » de la part des éleveurs, des « problèmes, heurts et crispations » suscités qui selon Chantal Jouanno seraient néfastes à l’écologie qui ne doit pas se limiter à un seul symbole.

La population d’ours compte actuellement une vingtaine d’individus. La secrétaire d’état estime que les conditions d’une reproduction naturelle sont réunies et suffisantes, et ne souhaite désormais que remplacer les ours qui pourraient être tués. Ce serait uniquement un plan de conservation, pas un plan de renforcement.

La plupart des associations et organismes impliqués dans la conservation de l’espèce ours estimaient pour leur part que la population d’ours ne pourrait pas être viable en dessous d’au moins 70 individus (voire 100/150 pour certains).  Cap Ours, qui regroupe une trentaine d’associations, a adressé ces derniers jours au ministère une lettre ouverte faisant part de ses inquiétudes quant au respect des promesses et à l’avenir de l’ours, menaçant de relancer les actions citoyennes et juridiques auprès du parlement et de la commission européenne.

Selon plusieurs associations, la position du ministère témoigne une nouvelle fois d’une grande timidité, réserve, voire lâcheté face aux déclarations initiales et aux promesses faites lors des quelques réunions auxquelles il n’avait pu se soustraire suite aux campagnes menées par les associations.

La peur des lobbies agricole l’aura emporté sur le courage des décisions qui auraient pu marquer l’année de la biodiversité si souvent instrumentalisée pour donner bonne conscience. En effet, la réintroduction d’ours que certains espéraient pour cette année 2010 ne pourra pas se faire compte tenu de l’avancée en saison et de l’approche rapide de la période d’hivernage.  Et des réintroductions en 2011 interviendraient juste avant l’année des élections présidentielles…  avec tous les risques de mécontentement d’un certain pourcentage d’électorat.

Urs et Berna, les oursons du parc aux ours de Berne seront sauvés.

Deux oursons dans un zoo, début 20è siècle © Collection privée

Urs et Berna sont deux oursons nés à Berne dans le parc aux ours. Bien que l’ours soit le symbole de la ville, la direction du parc ne pouvait pas conserver les oursons, à la fois pour des raisons de place et pour éviter la consanguinité en cas de reproduction avec les parents. Il était donc envisagé de les euthanasier si un lieu d ‘accueil n’était pas rapidement trouvé.

Plusieurs associations et fondation, nombre de particuliers se sont mobilisés pour éviter le pire à ces deux boules de poils.

La Fondation Franz Weber, qui avait contribué au transfert de l’ours Miljen, sauvé d’un cul de basse fosse dans un cachot bosniaque il y a un peu plus de deux ans, a contacté ceux qui avaient activement participé à ce sauvetage. Pierre Demeure, qui avait réalisé le reportage d’images et avait conservé d’étroites relations avec le Refuge de l’Arche,  a informé Christian Huchedé (responsable et fondateur du Refuge) de la situation, en lui demandant s’il y avait une possibilité d’accueil des ours.  Par chance, un grand enclos jouxtant celui de l’ours Miljen était disponible, son occupante ayant trouvé la compagnie de Miljen très sympathique et s’étant décidée à rester avec lui.

C’est donc un grand terrain vallonné, planté d’arbres et comportant une mare qui est proposé aux autorités du parc et de la ville de Berne pour l’accueil des ours. La Fondation Franz Weber s’est chargée de transmettre cette proposition et participera au financement des opérations logistiques et du transfert.

Réponse du conservateur du Bärenpark de Berne : «Je suis heureux de pouvoir considérer vos indications comme une solution définitive pour un accueil assuré des ours ; leur survie est ainsi d’ores et déjà garantie.»

La station de montagne grisonne d’Arosa, en Suisse a elle aussi proposé une solution, mais coûteuse (env 2 Millions de FS) et qui demandera un certain temps de réalisation : la création d’un parc sur la station.

La décision est donc maintenant dans le camp de la direction du parc. Il devra cependant confirmer rapidement son choix, car les possibilités d’accueil des ours bruns sont très rares dans les parcs européens. Un site d’exception comme le Refuge de l’Arche, dont la vocation est de donner asile à des animaux en danger ou maltraités, ne peut pas se permettre de réserver un enclos qui resterait vide, alors que d’autres ours ne pourraient être recueillis et sauvés.

Les oursons ont donc aujourd’hui toutes les chances pour échapper à la mort annoncée.

Ours danseurs : la fin est encore loin…

La France n’a quasiment plus d’ours. En Europe centrale, l’espèce est encore présente, bien présente. Avec plus 50 ans de décalage par rapport à nos propres régions, des pratiques et des coutumes d’un autre âge ont encore lieu. Les montreurs d’ours sont toujours nombreux, surtout dans les campagnes. Capturés oursons après l’abattage de leur mère, les ours sont utilisés pour glaner quelques pièces au cours des fêtes de village en les faisant « danser », ou pour amuser les clients des cafés locaux en les faisant boire de la bière. Lorsqu’ils ne sont pas en « représentation », les ours sont enchaînés dans une arrière cour, contraints par une chaîne attachée à un anneau de fer qui traverse leur cloison nasale. Leur misère n’ayant d’égale que celle de leur propriétaire, la nourriture et les soins sont rares. Les animaux souffrent de malnutrition et sont en proie à bien des maladies.

Il nous est facile d’accuser sans comprendre les contextes d’une misère sociale omniprésente dans ces régions qui ressemblent encore à nos campagnes de la fin du 19è siècle. L’intégration à l’Europe n’en est qu’à ses balbutiements, voire encore très éloignée. Lorsque les conflits déclarés ou larvés laissent un peu de répit aux politiques pour essayer de mettre en place une démarche allant dans le bon sens de l’évolution, les préoccupations se tournent en priorité vers les population humaines. L’animal et l’environnement passent bien après, et c’est hélas compréhensible, même si les choses pourraient parfois être menées de pair tout au moins pour l’urgence.

Malgré les difficultés économiques et l’aspect très rural, des associations se sont constituées pour inciter les autorités à prendre des mesures et à légiférer afin d’interdire la détention de ces animaux par des particuliers et des zoos trop petits pour les accueillir de façon décente.

Mais que faire des ours sauvés de leurs conditions misérables ? Il est impensable de les « réhabiliter » et de les replacer dans un milieu naturel sauvage. La seule solution possible est la création de centres de sauvetage spécialisés : les sanctuaires. Les ours sont débarrassés de leurs chaines, soignés, remis en état et stérilisés. Ils disposent de très grands enclos naturels dans lesquels ils peuvent vivre une existence d’ours correcte.

La Grèce, la Bulgarie, la Roumanie, la Croatie, la Georgie et quelques autres pays ont réussi à créer ces sanctuaires qui arrivent à s’autofinancer par les visites lorsque la réalisation est prévue pour acceuillir le public, ainsi que par des dons et par l’aide de fondations spécialisées.

D’autres pays sont sur le bon chemin, comme la Serbie qui a ratifié la Convention sur le commerce international des espèce de faune et de flore menacées d’extinction (CITES) et la Convention de Berne.

Cependant, l’adoption d’une législation et la ratification de conventions ne servent pas à grand’chose si elles ne sont pas accompagnées de mesures concrètes. Et c’est là que le bât blesse. La Serbie, malgré ses signatures et engagements, ne se presse guère pour permettre les sauvetages urgents. Bien qu’une procédure de transfert de 3 ours maltraités ait été engagée afin de conduire les animaux dans un centre d’accueil en Bulgarie, au dernier moment et pour des raisons inconnues, l’autorisation de transfert a été annulée et les ours sont toujours dans leur contexte de misère.

Que faire ?  Seule une information largement répandue par l’intermédiaire de campagnes de communication, doublée de demandes insistantes et de témoignages citoyens adressés aux autorités par l’intermédiaire de représentants locaux confirmés et influents peut permettre de débloquer des situations d’impasses. Lorsque les législations existent, il faut obtenir une mobilisation des autres pays d’Europe pour peser dans la balance et inciter au respect et à l’application effective des lois. Lorsqu’aucune réglementation n’existe, il faut par ces mêmes moyens arriver à obtenir des discussions, des débats publics afin que des lois puissent voir le jour. L’équilibre est bien difficile à trouver entre urgence et démocratie. Seules des structures nationales peuvent oeuvrer dans les pays concernés. Toute autre initiative étrangère isolée serait perçue comme une ingérence et aurait plutôt une influence négative. Cela n’empêche pas que les soutiens internationaux soient fondamentaux pour les structures nationales. Il faut montrer que le monde sait ce qui se passe et faire comprendre aux autorités locales qu’elles ne peuvent plus rester à la marge. Aucune avancée réelle n’aura lieu sans une législation claire, précise et sans mise en application de la réglementation, seules garantes de la pérennité de l’abolition des pratiques incriminées. Si ces mesures ne sont pas prises, quelques individus échapperont à leur condition grâce à des opérations « animalitaires » ponctuelles, mais tous les autres continueront à endurer leurs souffrances.

Il faut aussi préparer les structures d’accueil des animaux « récupérés », et offrir des compensations aux « détenteurs repentis »‘ afin qu’ils n’aient pas tendance à retrouver une nouvelle victime dès que l’ancienne sera sortie de leur horizon. Ceci peut être possible tout simplement en leur donnant un moyen de subsistance par un travail simple : devenir soigneur dans les centres de sauvetage, fabriquer des produits/objets artisanaux qui seront vendus dans le cadre d’un commerce équitable sont des voies possibles et logiques.

Parallèlement, il est indispensable de contribuer à faire prendre conscience des richesses naturelles, faunistiques et floristiques de ces régions aux paysages encore en grande partie préservés. Des forêts de montagne, des plateaux, des plaines humides, sont encore quasiment vierges, accueillant une faune libre et sauvage dans des écosystèmes disparus de la plupart des pays européens « anciens ». Les 5 prochaines années seront décisives : soit les pays prennent conscience de leurs richesses naturelles et font tout pour les préserver tout en bénéficiant de retombées économiques au travers d’un tourisme vert, soit ils laissent ces richesses se gangréner lentement mais surement au profit d’une urbanisation et d’une industrie qui ne sera de toutes façons jamais florissante. Dans la première hypothèse, l’Europe aura la chance de conserver en son sein une nature « authentique », dans la seconde les derniers sanctuaires disparaîtront en même temps qu’une faune qui avait traversé les millénaires.

Il suffit parfois de peu de choses pour faire pencher vers le bon côté ou vers le mauvais. Des projets sont tenus à bout de bras par des structures compétentes et enthousiastes. Il est du devoir de tous les écocitoyens de relayer l’information, d’aider à faire prendre conscience et de participer selon ses possibilités aux opérations et manifestations menées pour la protection et la conservation des espèces et des espaces. S’informer pour informer et participer.

Simple, non ?

Pierre Demeure

P.S. Le Journal Nature a plusieurs projets de communication et de participation à ces actions. Nous mettons en place un réseau que vous pourrez bientôt rejoindre.

Pour en savoir plus : www.vier-pfoten.org

Les Ailes Brunes…

Une pollution en mer, au large de Ouistreham (Calvados) a porté atteinte fin Novembre à de nombreux oiseaux. Ce n’était pas un gros dégazage sauvage. Le pollueur n’a pas été identifié…
Pas spectaculaire, contrairement aux grosses marées noires telle celle de l’Erika, pas médiatisée non plus. Mais les dégâts occasionnés aux oiseaux n’en sont pas moins importants.

14 oiseaux atteints ont été transférés au CHENE. 8 pingouins torda, 3 guillemots de Troïl et 3 fous de Bassan. D’autres suivront certainement, ou ont été pris en charge au centre de sauvetage de la Dame Blanche (près de Lisieux), bien que celui-ci préfère les envoyer au CHENE dont l’équipe de soigneurs a acquis une grande compétence dans ce domaine bien particulier.

Alain Beaufils, le responsable du centre de soins, explique la situation et donne quelques renseignements sur les conséquences de ces pollutions.

Les oiseaux atteints et recueillis sur le littoral représentent bien moins de 1% du nombre réel d’oiseaux pollués. Ils ont d’autant plus de chances de survivre que le temps est calme et qu’ils sont amenés tôt dans un centre de soins pour y être pris en charge et soignés.

Plus que dans les salissures qui maculent le plumage, le véritable danger réside dans ce qu’ils ont ingéré. Le froid les envahit, ils sont en hypothermie et ne peuvent plus s’alimenter. Ils vont s’affaiblir, être poussés vers le bord de mer, essayer de se nettoyer pour retourner à l’eau et vivre leur vie d’oiseau. Ils ont faim, très faim, mais tous les résidus d’hydrocarbures qu’il auront avalé auront déjà commencé à attaquer le système digestif. C’est un peu comme si on avait bu une bouteille de pétrole… Les organes ne sont pas faits pour digérer çà. On note des dégénérescences au niveau du foie, les intestins sont brûlés, des pétéchies apparaissent sur les muqueuses, des hémorragies sont fréquentes et les complications s’enchaînent.

Quand les oiseaux arrivent, on essaye immédiatement de calmer tout çà en leur administrant plusieurs soins comme un pansement intestinal, un hépatorégulateur, un produit à base de fer pour compenser l’anémie liée aux hémorragies, et des vitamines. Ensuite, il faut attendre. Les oiseaux sont placés dans des bassins de soins chauffés où ils ont de la nourriture à disposition. Ceux qui sont vraiment trop atteints ne vont pas s’alimenter et mourront rapidement. Il serait inutile de chercher à les gaver.

Le lavage n’est qu’une étape ultérieure qui a pour but de débarrasser l’oiseau des salissures du plumage afin que la structure des plumes puisse se reconstituer et assurer normalement la protection du corps. Le lavage est un grand stress pour l’oiseau qui est « entravé » pour sa propre sécurité et celle des soigneurs. Il va être manipulé dans tous les sens et frotté énergiquement, ce dont il est bien loin d’avoir l’habitude !!!

L’espérance de réussite va de 0 à 90%… 90%, c’est quand les oiseaux sont immédiatement pris en charge et soignés. Par contre, plus le temps passe, plus les oiseaux vont chercher à se nettoyer eux mêmes et l’espérance de survie va très vite chuter. Cela dépend aussi des espèces, car certaines vont rester prostrées, tandis que d’autres vont tout de suite chercher à se nettoyer. Paradoxalement, ce sont les oiseaux qui restent prostrés qui auront le plus de chances de survie s’ils sont pris en charge.

Les oiseaux qui auront survécu et qui seront relâchés sont tous bagués, ce qui permettra un suivi s’ils sont capturés ou repérés ultérieurement. Mais ce sont des oiseaux pélagiques, et compte tenu du très petit nombre d’individus soignés au regard des populations, il y a très peu de chances de les retrouver plus tard sur le site d’origine ou sur le site du relâcher. On a déjà eu des reprises plusieurs années après, mais ce n’est pas représentatif.

Rien n’est simple ni acquis lors de ces opérations de sauvetage. La nature de la pollution est un facteur clé. On parle du pétrole en général, mais le terme plus exact serait « hydrocarbures ». Dans le cas présent, le polluant est vraisemblablement de l’huile hydraulique associée à un autre composant. C’est collant, une vraie « cochonnerie ».

Que faire si on trouve un oiseau atteint par une telle pollution ? Quelles précautions pour lui et la personne qui le recueille ?

D’abord pour la capture, il faut se protéger des coups de bec. L’oiseau est stressé et va chercher à se défendre contre celui qu’il considère comme un agresseur. Le mieux est de jeter dessus un linge ou une couverture qui permettront de l’entraver et de l’emprisonner sans qu’il puisse trop se débattre. Si l’oiseau est mazouté, il faut le mettre dans un carton aéré afin de laisser s’échapper les vapeurs d’hydrocarbures qui risqueraient de l’intoxiquer et de porter des atteintes pulmonaires. Ensuite, il faut l’amener le plus vite possible dans un centre de soins compétent, et surtout ne pas chercher à le laver soi-même. Le traitement est beaucoup plus interne qu’externe, et toute tentative de nettoyage sans prise en charge globale se traduira quasiment toujours par la mort de l’oiseau. Il arrive souvent qu’on soit obligé d’euthanasier des oiseaux qui ont été soignés par des particuliers car ils passent à côté de l’essentiel.

Le protocole de soins, une affaire d’expérience …

Le protocole de soins est strict : hydratation, kaolin pour protéger les intestins, administration de fer pour compenser l’anémie, soins aux pattes pour prévenir les escarres et les nécroses. La durée du séjour en centre de soins est très variable selon l’oiseau et la nature de la pollution. Un guillemot mazouté lors d’un précédente pollution a pu être remis en liberté au bout de 8 jours. Pour le groupe d’oiseaux arrivés la semaine dernière, il est évident que çà prendra beaucoup plus de temps, avec moins de perspectives de réussite.

Le CHENE a mis au point avec ses partenaires une machine à nettoyer les oiseaux mazoutés. Si elle convient parfaitement pour les oiseaux de petite taille (pingouins torda et guillemots), les fous de Bassan sont trop gros pour bénéficier de cette méthode. C’est donc à un lavage manuel qu’il faudra procéder.

Dès qu’on sort l’oiseau du carton qui a permis de le transporter depuis le bassin jusqu’à la salle de soins, on « neutralise » son bec au moyen de gros élastiques au milieu desquels on a glissé une tige de bois afin de pouvoir le manipuler et tourner sa tête pour le lavage. Les deux soigneurs ont enfilé des bottes, ont revêtu de longs tabliers imperméables et mis des lunettes de la taille d’un masque de plongée. Protection contre les éclaboussures (c’est un euphémisme…) mais aussi protection contre les éventuels coups d’un bec qui même contraint reste redoutable… Des « gants de fouille » (sortes de longs brassards utilisés par les vétérinaires lors des vêlages) habillent les bras, renforcés par des gants en latex. La séance sera effectivement éprouvante. L’oiseau stressé se débat. Il faut le maintenir fermement pour le laver en plusieurs étapes successives avec des produits adaptés aux substances polluantes. Auncun endroit du corps ne doit être épargné. Du bout du bec à celui des rectrices, d’une extrémité de l’aile à l’autre, tête, cou, dos, poitrail, ventre, pattes, tout fera l’objet d’une attention particulière. Il faudra presque trois quarts d’heure d’efforts à deux soigneurs compétents pour procéder au lavage complet d’un fou de Bassan. Après le rinçage, l’oiseau procèdera de lui même à l’essorage en s’ébrouant dans la grande caisse qui fait office de séchoir.
S’il est de constitution robuste, si les ingestions d’hydrocarbures n’ont pas causé de dégâts irrémédiables, l’oiseau profitera d’une période de convalescence dans les bassins de soins du CHENE et retrouvera la mer en espérant qu’une autre pollution ne lui sera pas fatale.

Pierre Demeure

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Ambiance de la salle de soins …


Centre de sauvetage du CHENE
Association CHENE
12 rue du Musée
76190 ALLOUVILLE-BELLEFOSSE
Tél : 02 35 96 06 54
Fax : 02 35 96 56 41
www.chene.asso.fr

Le blaireau, de l’ombre à la lumière

Merci à Jean-Pierre Trinquecostes pour le prêt de sa photo (n.d.l.r.)

Merci à Jean-Pierre Trinquecostes pour le prêt de sa photo (n.d.l.r.)

Projection-débat le 12 décembre 2008 à 20 h 30 à l’E.P.L. Agro de Bar-le-Duc (Technopole Vilmorin)

La nuit tous les chats ne sont pas gris…

Le Blaireau (Ordre des Carnivores, Famille des Mustélidés) est le plus gros mustélidé d’Europe avec un poids de 6 à 17 kg (20 kg maximum à la fin de l’automne). Il présente un corps massif, des pattes robustes et une queue courte lui donnant une allure pataude de petit ours. Son pelage est gris avec les pattes et le ventre noirs et une tête blanche aux deux raies noires.

X

Pour vivre heureux, le blaireau vit caché !

Il fréquente essentiellement les forêts de feuillus, et les milieux ouverts avoisinants. Il vit en groupe familial basé sur le couple et les jeunes. Animal nocturne, il n’est pas facile à observer, contrairement à ses terriers qui forment un ensemble complexe de galeries, de chambres reliées à l’extérieur par de nombreux trous facilement repérables aux talus de déblais et aux sentiers en partant.

Le blaireau, une bête de sexe !

Les accouplements ont lieu toute l’année, avec une période d’oestrus (ponte de l’ovule) uniquement de mi-janvier à début mars. La gestation dure deux mois, mais une ovoimplantation (implantation de l’embryon)
différée permet la naissance de un à cinq petits en février. La lactation durera trois mois avec les premières sorties des jeunes observables en avril. Il n’y aura donc qu’une portée annuelle. Le taux de mortalité des jeunes est important : 30 à 60 % n’atteindront pas un an. Les adultes dépassent rarement 5 ans en milieu naturel (15-20 ans en captivité).

A table !

Son régime alimentaire est de type omnivore (lombrics, fruits, racines, champignons, insectes, mollusques, amphibiens, charognes,…). Il peut occasionnellement provoquer quelques dégâts sur les cultures (maïs, blé,
avoine, vigne).

Sa tête est mise à prix…
… une bonne partie de l’année

Gazé jusqu’en 1988 en tant que vecteur potentiel de la rage alors qu’il est un cul de sac épidémiologique (pas de transmission du virus possible par son intermédiaire), il est depuis classé comme une espèce gibier dont la chasse est autorisée au fusil ou en vénerie (sous terre). Il n’est pas dans la liste des nuisibles mais il peut faire l’objet de destruction après autorisation préfectorale en cas de dégâts ponctuels ou d’une ouverture de la chasse sous terre anticipée au 15 mai au lieu du 15 septembre.

Pour en savoir plus…

Venez assister à la projection-conférence du film de l’association Meles « Le Blaireau, de l’ombre à la lumière » le 12 décembre 2008 à 20 h 30 à l’E.P.L. Agro de Bar-le-Duc (Technopole Vilmorin)…
Le film « Le blaireau, de l’ombre à la lumière » de Virginie BOYAVAL est l’aboutissement de plusieurs années de travail et de passion. Produit par l’association Meles (Meles meles est le nom scientifique du blaireau
européen), ce documentaire de 52 minutes témoigne de la situation actuelle du blaireau et de sa perception en France et en Europe. Tout en expliquant le mode de vie et le comportement de cette espèce, ce film est appuyé par des témoignages de scientifiques, naturalistes,
agriculteurs, chasseurs…

C’est avant tout un plaidoyer pour la protection du blaireau.

La projection du film documentaire, en présence de la réalisatrice, sera suivie d’un débat et d’une présentation d’un squelette de blaireau, crânes, empreintes.
Date & lieu : E.P.L. Agro de Bar-le-Duc (Technopole Vilmorin) le 12 décembre 2008 à 20 h 30
Organisation & informations : Meuse Nature Environnement, 83 rue de Véel 55000 Bar-le-Duc ; tél. : 03 29 76 13 14 ; fax : 03 29 76 83 68 ;
courriel : mne.asso@wanadoo.fr ; site : http://mne.asso.free.fr/

On va mettre le feu à un taureau !!!

A Medinaceli, une ville pittoresque de la province espagnole de Soria, une tradition appelée « Toro Jubilo » jette un voile de honte sur l’Espagne. Chaque second week-end de Novembre, des boules de poix (une substance noire et collante à base de goudron ou thérebentine) sont plantées sur les cornes d’un taureau et on les allume. Le taureau ainsi enflammé est appelé « Toro de Fuego » (« taureau de feu »)
Le taureau est ensuite lâché dans les rues et ne peut rien faire d’autre que subir cette souffrance. Pour essayer d’éteindre cette flamme qui lui fait mal et qui l’épouvante, il va se taper la tête contre les murs. L’agonie dans la souffrance est inimaginable. Les boules incandescentes peuvent flamber pendant des heures. Elles brûlent les cornes du taureau, son corps, ses yeux et provoquent un stress immense. Pendant ce temps, les spectateurs s’exclament, se réjouissent et courent autour de la victime de leur folie.
L’association internationale PETA, bien connue pour ses actions spectaculaires en faveur de la défense des animaux, souhaite protester contre cette barbarie d’un temps révolu, et propose l’envoi d’une pétition à partir de son site internet. Cette pétition sera adressée aux instances politiques de la ville et de la province, ainsi qu’aux organismes chargés du tourisme.On peut certes se poser la question de l’utilité de signer et envoyer cette pétition si près de la date fatidique. Cela ne changera vraisemblablement pas grand chose pour cette année, malheureusement pour le taureau qui sera l’ »élu » de la « fête »… Mais les gouttes alimentent les ruisseaux, qui à leur tour font les rivières, etc… Toutes les manifestations de réprobation qui arriveront en nombre significatif pourront contribuer à ce que ces traditions issues des âges anciens soient peu à peu reléguées au rang de vilains souvenirs. Sincèrement, en arrivant presque au 1/10è du 21 ème siècle, l’homme n’a-t-il rien de mieux à faire pour s’amuser que de brûler l’innocence ?

Pierre Demeure

Traduction du texte proposé pour la pétition (vous pouvez compléter ou modifier selon votre humeur)

« Je suis consterné d’apprendre que le « Toro Jubilo » a encore lieu à Medinaceli en Espagne. Nous sommes au 21è siècle et il est inimaginable qu’une foule descendue dans la rue attache des boules de résine enflammées aux cornes d’un taureau. Les boules se consument durant des heures, brûlant les cornes, le corps et les yeux. Certains taureaux cherchent à mettre fin à leur agonie en se jetant contre les murs.
Bien que les cultures et les traditions des uns puissent être incompréhensibles pour les autres, tous les hommes sensés ont la notion de ce qu’est la cruauté. Mettre le feu à un animal vivant est du pur sadisme. Il est grand temps pour toutes les régions d’Espagne de se rallier aux doctrines ethiques qui régissent le monde civilisé. L’héritage des habitudes, les traditions, les festivités, l’art et la religion ne peuvent jamais justifier la torture absolue.
Je ne peux pas supporter une société qui ignore et laisse faire des actes de torture sur des animaux. J’informerai mes amis et mes relations de ces pratiques et je leur demanderai de boycotter le tourisme et le commerce tant que des manifestations de ce genre ne seront pas définitivement interdites. »

Le site de PETA pour envoyer ce message aux responsables politiques et du tourisme :

http://getactive.peta.org/campaign/toro_de_fuego

Quand s’éveillent les consciences

Il y a encore peu de temps, la vie ou la mort d’un ours eussent laissé tout le monde indifférent dans les pays de l’ex-yougoslavie. Quand un pays a du mal à répondre aux besoins et aux attentes des humains, les préoccupations envers l’animal passent au second plan…
Une petite flamme d’espoir s’est allumée. La médiatisation d’actions internationales envers des animaux mythiques de ces régions a peut être aidé à éveiller des consciences. Les images et la video que nous relayons ici proviennent de Bosnie. Immonde, ignoble.

Nous avons longtemps hésité à nous en faire l’écho, car nous nous refusons à exploiter le misérabilisme. Mais le fait que cet acte soit désigné comme barbare et criminel par les medias montre que des personnes s’intéressent aux droits de l’animal, et se battent pour faire cesser des pratiques d’un temps révolu.

Il est de notre devoir d’aider ces personnes, les associations et les organisations qui se mobilisent pour que ces régions prennent conscience de leurs richesses naturelles et faunistiques. C’est en comprenant les problématiques, en apportant notre aide sous toutes les formes positives, que nous pourrons contribuer à leur intégration dans la communauté européenne et internationale.

Malheureusement, pendant que certains luttent là bas pour une évolution des pratiques, des pays d’Europe « bien pensants », au lieu de montrer l’exemple, s’évertuent à se battre contre l’ours. Récemment, en Espagne, suite à l’incident -heureusement sans conséquences graves- entre l’ourse Havla et un chasseur, c’est l’ourse qui doit être « punie » et déportée. Comme il est possible qu’elle mettre bas cet hiver, ce serait aussi son ou ses oursons qui manqueraient à l’appel des espaces.

Si tous les naturalistes de tous les pays voulaient se donner la main….

Ci-dessus un extrait du site de la radio de Sarajevo

Le texte d’accompagnement :

Quelqu’un a tiré sur un ours femelle de 4 ans, ce matin près de Prusac. La police a préparé un rapport, et des chasseurs ont été réquisitionné pour mettre fin aux souffrances de l’animal. La perte est immense. Cela se passe un samedi, il n’y a pas de saison de chasse à l’ours, et par dessus tout les ours sont une espèce protégée. Le coup de feu a été entendu ce matin vers 9:00. Nous espéront que le responsable, quel qu’il soit, sera retrouvé et puni comme il convient.

Ce sujet nous a été signalé par NOA, une ONG de République Serbe de Bosnie.

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