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Droit de l’animal


Urs et Berna, les oursons du parc aux ours de Berne seront sauvés.

Deux oursons dans un zoo, début 20è siècle © Collection privée

Urs et Berna sont deux oursons nés à Berne dans le parc aux ours. Bien que l’ours soit le symbole de la ville, la direction du parc ne pouvait pas conserver les oursons, à la fois pour des raisons de place et pour éviter la consanguinité en cas de reproduction avec les parents. Il était donc envisagé de les euthanasier si un lieu d ‘accueil n’était pas rapidement trouvé.

Plusieurs associations et fondation, nombre de particuliers se sont mobilisés pour éviter le pire à ces deux boules de poils.

La Fondation Franz Weber, qui avait contribué au transfert de l’ours Miljen, sauvé d’un cul de basse fosse dans un cachot bosniaque il y a un peu plus de deux ans, a contacté ceux qui avaient activement participé à ce sauvetage. Pierre Demeure, qui avait réalisé le reportage d’images et avait conservé d’étroites relations avec le Refuge de l’Arche,  a informé Christian Huchedé (responsable et fondateur du Refuge) de la situation, en lui demandant s’il y avait une possibilité d’accueil des ours.  Par chance, un grand enclos jouxtant celui de l’ours Miljen était disponible, son occupante ayant trouvé la compagnie de Miljen très sympathique et s’étant décidée à rester avec lui.

C’est donc un grand terrain vallonné, planté d’arbres et comportant une mare qui est proposé aux autorités du parc et de la ville de Berne pour l’accueil des ours. La Fondation Franz Weber s’est chargée de transmettre cette proposition et participera au financement des opérations logistiques et du transfert.

Réponse du conservateur du Bärenpark de Berne : «Je suis heureux de pouvoir considérer vos indications comme une solution définitive pour un accueil assuré des ours ; leur survie est ainsi d’ores et déjà garantie.»

La station de montagne grisonne d’Arosa, en Suisse a elle aussi proposé une solution, mais coûteuse (env 2 Millions de FS) et qui demandera un certain temps de réalisation : la création d’un parc sur la station.

La décision est donc maintenant dans le camp de la direction du parc. Il devra cependant confirmer rapidement son choix, car les possibilités d’accueil des ours bruns sont très rares dans les parcs européens. Un site d’exception comme le Refuge de l’Arche, dont la vocation est de donner asile à des animaux en danger ou maltraités, ne peut pas se permettre de réserver un enclos qui resterait vide, alors que d’autres ours ne pourraient être recueillis et sauvés.

Les oursons ont donc aujourd’hui toutes les chances pour échapper à la mort annoncée.

Ours danseurs : la fin est encore loin…

La France n’a quasiment plus d’ours. En Europe centrale, l’espèce est encore présente, bien présente. Avec plus 50 ans de décalage par rapport à nos propres régions, des pratiques et des coutumes d’un autre âge ont encore lieu. Les montreurs d’ours sont toujours nombreux, surtout dans les campagnes. Capturés oursons après l’abattage de leur mère, les ours sont utilisés pour glaner quelques pièces au cours des fêtes de village en les faisant « danser », ou pour amuser les clients des cafés locaux en les faisant boire de la bière. Lorsqu’ils ne sont pas en « représentation », les ours sont enchaînés dans une arrière cour, contraints par une chaîne attachée à un anneau de fer qui traverse leur cloison nasale. Leur misère n’ayant d’égale que celle de leur propriétaire, la nourriture et les soins sont rares. Les animaux souffrent de malnutrition et sont en proie à bien des maladies.

Il nous est facile d’accuser sans comprendre les contextes d’une misère sociale omniprésente dans ces régions qui ressemblent encore à nos campagnes de la fin du 19è siècle. L’intégration à l’Europe n’en est qu’à ses balbutiements, voire encore très éloignée. Lorsque les conflits déclarés ou larvés laissent un peu de répit aux politiques pour essayer de mettre en place une démarche allant dans le bon sens de l’évolution, les préoccupations se tournent en priorité vers les population humaines. L’animal et l’environnement passent bien après, et c’est hélas compréhensible, même si les choses pourraient parfois être menées de pair tout au moins pour l’urgence.

Malgré les difficultés économiques et l’aspect très rural, des associations se sont constituées pour inciter les autorités à prendre des mesures et à légiférer afin d’interdire la détention de ces animaux par des particuliers et des zoos trop petits pour les accueillir de façon décente.

Mais que faire des ours sauvés de leurs conditions misérables ? Il est impensable de les « réhabiliter » et de les replacer dans un milieu naturel sauvage. La seule solution possible est la création de centres de sauvetage spécialisés : les sanctuaires. Les ours sont débarrassés de leurs chaines, soignés, remis en état et stérilisés. Ils disposent de très grands enclos naturels dans lesquels ils peuvent vivre une existence d’ours correcte.

La Grèce, la Bulgarie, la Roumanie, la Croatie, la Georgie et quelques autres pays ont réussi à créer ces sanctuaires qui arrivent à s’autofinancer par les visites lorsque la réalisation est prévue pour acceuillir le public, ainsi que par des dons et par l’aide de fondations spécialisées.

D’autres pays sont sur le bon chemin, comme la Serbie qui a ratifié la Convention sur le commerce international des espèce de faune et de flore menacées d’extinction (CITES) et la Convention de Berne.

Cependant, l’adoption d’une législation et la ratification de conventions ne servent pas à grand’chose si elles ne sont pas accompagnées de mesures concrètes. Et c’est là que le bât blesse. La Serbie, malgré ses signatures et engagements, ne se presse guère pour permettre les sauvetages urgents. Bien qu’une procédure de transfert de 3 ours maltraités ait été engagée afin de conduire les animaux dans un centre d’accueil en Bulgarie, au dernier moment et pour des raisons inconnues, l’autorisation de transfert a été annulée et les ours sont toujours dans leur contexte de misère.

Que faire ?  Seule une information largement répandue par l’intermédiaire de campagnes de communication, doublée de demandes insistantes et de témoignages citoyens adressés aux autorités par l’intermédiaire de représentants locaux confirmés et influents peut permettre de débloquer des situations d’impasses. Lorsque les législations existent, il faut obtenir une mobilisation des autres pays d’Europe pour peser dans la balance et inciter au respect et à l’application effective des lois. Lorsqu’aucune réglementation n’existe, il faut par ces mêmes moyens arriver à obtenir des discussions, des débats publics afin que des lois puissent voir le jour. L’équilibre est bien difficile à trouver entre urgence et démocratie. Seules des structures nationales peuvent oeuvrer dans les pays concernés. Toute autre initiative étrangère isolée serait perçue comme une ingérence et aurait plutôt une influence négative. Cela n’empêche pas que les soutiens internationaux soient fondamentaux pour les structures nationales. Il faut montrer que le monde sait ce qui se passe et faire comprendre aux autorités locales qu’elles ne peuvent plus rester à la marge. Aucune avancée réelle n’aura lieu sans une législation claire, précise et sans mise en application de la réglementation, seules garantes de la pérennité de l’abolition des pratiques incriminées. Si ces mesures ne sont pas prises, quelques individus échapperont à leur condition grâce à des opérations « animalitaires » ponctuelles, mais tous les autres continueront à endurer leurs souffrances.

Il faut aussi préparer les structures d’accueil des animaux « récupérés », et offrir des compensations aux « détenteurs repentis »‘ afin qu’ils n’aient pas tendance à retrouver une nouvelle victime dès que l’ancienne sera sortie de leur horizon. Ceci peut être possible tout simplement en leur donnant un moyen de subsistance par un travail simple : devenir soigneur dans les centres de sauvetage, fabriquer des produits/objets artisanaux qui seront vendus dans le cadre d’un commerce équitable sont des voies possibles et logiques.

Parallèlement, il est indispensable de contribuer à faire prendre conscience des richesses naturelles, faunistiques et floristiques de ces régions aux paysages encore en grande partie préservés. Des forêts de montagne, des plateaux, des plaines humides, sont encore quasiment vierges, accueillant une faune libre et sauvage dans des écosystèmes disparus de la plupart des pays européens « anciens ». Les 5 prochaines années seront décisives : soit les pays prennent conscience de leurs richesses naturelles et font tout pour les préserver tout en bénéficiant de retombées économiques au travers d’un tourisme vert, soit ils laissent ces richesses se gangréner lentement mais surement au profit d’une urbanisation et d’une industrie qui ne sera de toutes façons jamais florissante. Dans la première hypothèse, l’Europe aura la chance de conserver en son sein une nature « authentique », dans la seconde les derniers sanctuaires disparaîtront en même temps qu’une faune qui avait traversé les millénaires.

Il suffit parfois de peu de choses pour faire pencher vers le bon côté ou vers le mauvais. Des projets sont tenus à bout de bras par des structures compétentes et enthousiastes. Il est du devoir de tous les écocitoyens de relayer l’information, d’aider à faire prendre conscience et de participer selon ses possibilités aux opérations et manifestations menées pour la protection et la conservation des espèces et des espaces. S’informer pour informer et participer.

Simple, non ?

Pierre Demeure

P.S. Le Journal Nature a plusieurs projets de communication et de participation à ces actions. Nous mettons en place un réseau que vous pourrez bientôt rejoindre.

Pour en savoir plus : www.vier-pfoten.org

On va mettre le feu à un taureau !!!

A Medinaceli, une ville pittoresque de la province espagnole de Soria, une tradition appelée « Toro Jubilo » jette un voile de honte sur l’Espagne. Chaque second week-end de Novembre, des boules de poix (une substance noire et collante à base de goudron ou thérebentine) sont plantées sur les cornes d’un taureau et on les allume. Le taureau ainsi enflammé est appelé « Toro de Fuego » (« taureau de feu »)
Le taureau est ensuite lâché dans les rues et ne peut rien faire d’autre que subir cette souffrance. Pour essayer d’éteindre cette flamme qui lui fait mal et qui l’épouvante, il va se taper la tête contre les murs. L’agonie dans la souffrance est inimaginable. Les boules incandescentes peuvent flamber pendant des heures. Elles brûlent les cornes du taureau, son corps, ses yeux et provoquent un stress immense. Pendant ce temps, les spectateurs s’exclament, se réjouissent et courent autour de la victime de leur folie.
L’association internationale PETA, bien connue pour ses actions spectaculaires en faveur de la défense des animaux, souhaite protester contre cette barbarie d’un temps révolu, et propose l’envoi d’une pétition à partir de son site internet. Cette pétition sera adressée aux instances politiques de la ville et de la province, ainsi qu’aux organismes chargés du tourisme.On peut certes se poser la question de l’utilité de signer et envoyer cette pétition si près de la date fatidique. Cela ne changera vraisemblablement pas grand chose pour cette année, malheureusement pour le taureau qui sera l’ »élu » de la « fête »… Mais les gouttes alimentent les ruisseaux, qui à leur tour font les rivières, etc… Toutes les manifestations de réprobation qui arriveront en nombre significatif pourront contribuer à ce que ces traditions issues des âges anciens soient peu à peu reléguées au rang de vilains souvenirs. Sincèrement, en arrivant presque au 1/10è du 21 ème siècle, l’homme n’a-t-il rien de mieux à faire pour s’amuser que de brûler l’innocence ?

Pierre Demeure

Traduction du texte proposé pour la pétition (vous pouvez compléter ou modifier selon votre humeur)

« Je suis consterné d’apprendre que le « Toro Jubilo » a encore lieu à Medinaceli en Espagne. Nous sommes au 21è siècle et il est inimaginable qu’une foule descendue dans la rue attache des boules de résine enflammées aux cornes d’un taureau. Les boules se consument durant des heures, brûlant les cornes, le corps et les yeux. Certains taureaux cherchent à mettre fin à leur agonie en se jetant contre les murs.
Bien que les cultures et les traditions des uns puissent être incompréhensibles pour les autres, tous les hommes sensés ont la notion de ce qu’est la cruauté. Mettre le feu à un animal vivant est du pur sadisme. Il est grand temps pour toutes les régions d’Espagne de se rallier aux doctrines ethiques qui régissent le monde civilisé. L’héritage des habitudes, les traditions, les festivités, l’art et la religion ne peuvent jamais justifier la torture absolue.
Je ne peux pas supporter une société qui ignore et laisse faire des actes de torture sur des animaux. J’informerai mes amis et mes relations de ces pratiques et je leur demanderai de boycotter le tourisme et le commerce tant que des manifestations de ce genre ne seront pas définitivement interdites. »

Le site de PETA pour envoyer ce message aux responsables politiques et du tourisme :

http://getactive.peta.org/campaign/toro_de_fuego

Quand s’éveillent les consciences

Il y a encore peu de temps, la vie ou la mort d’un ours eussent laissé tout le monde indifférent dans les pays de l’ex-yougoslavie. Quand un pays a du mal à répondre aux besoins et aux attentes des humains, les préoccupations envers l’animal passent au second plan…
Une petite flamme d’espoir s’est allumée. La médiatisation d’actions internationales envers des animaux mythiques de ces régions a peut être aidé à éveiller des consciences. Les images et la video que nous relayons ici proviennent de Bosnie. Immonde, ignoble.

Nous avons longtemps hésité à nous en faire l’écho, car nous nous refusons à exploiter le misérabilisme. Mais le fait que cet acte soit désigné comme barbare et criminel par les medias montre que des personnes s’intéressent aux droits de l’animal, et se battent pour faire cesser des pratiques d’un temps révolu.

Il est de notre devoir d’aider ces personnes, les associations et les organisations qui se mobilisent pour que ces régions prennent conscience de leurs richesses naturelles et faunistiques. C’est en comprenant les problématiques, en apportant notre aide sous toutes les formes positives, que nous pourrons contribuer à leur intégration dans la communauté européenne et internationale.

Malheureusement, pendant que certains luttent là bas pour une évolution des pratiques, des pays d’Europe « bien pensants », au lieu de montrer l’exemple, s’évertuent à se battre contre l’ours. Récemment, en Espagne, suite à l’incident -heureusement sans conséquences graves- entre l’ourse Havla et un chasseur, c’est l’ourse qui doit être « punie » et déportée. Comme il est possible qu’elle mettre bas cet hiver, ce serait aussi son ou ses oursons qui manqueraient à l’appel des espaces.

Si tous les naturalistes de tous les pays voulaient se donner la main….

Ci-dessus un extrait du site de la radio de Sarajevo

Le texte d’accompagnement :

Quelqu’un a tiré sur un ours femelle de 4 ans, ce matin près de Prusac. La police a préparé un rapport, et des chasseurs ont été réquisitionné pour mettre fin aux souffrances de l’animal. La perte est immense. Cela se passe un samedi, il n’y a pas de saison de chasse à l’ours, et par dessus tout les ours sont une espèce protégée. Le coup de feu a été entendu ce matin vers 9:00. Nous espéront que le responsable, quel qu’il soit, sera retrouvé et puni comme il convient.

Ce sujet nous a été signalé par NOA, une ONG de République Serbe de Bosnie.

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