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Conservation


Chantal Jouanno : il n’y aura pas de réintroductions d’ours dans les Pyrénées

Chantal Jouanno, secrétaire d'état

Chantal Jouanno avait déclaré au printemps qu’elle ne serait pas la ministre qui laisserait s’éteindre l’ours dans les Pyrénées. Elle ne sera certainement pas celle qui lui redonnera un avenir serein.
Elle doit se rendre à Toulouse le Lundi 26 Juillet pour rencontrer les « protagonistes », agriculteurs/éleveurs et associations écologistes, défenseurs de l’ours. Les déclarations ne seront vraisemblablement pas à la hauteur des espérances de ceux qui croyaient en un engagement fort pour l’espèce emblématique de la biodiversité en Pyrénées.

Le ministère semble ne plus vouloir parler de réintroductions, en raison des « réactions de rejet » de la part des éleveurs, des « problèmes, heurts et crispations » suscités qui selon Chantal Jouanno seraient néfastes à l’écologie qui ne doit pas se limiter à un seul symbole.

La population d’ours compte actuellement une vingtaine d’individus. La secrétaire d’état estime que les conditions d’une reproduction naturelle sont réunies et suffisantes, et ne souhaite désormais que remplacer les ours qui pourraient être tués. Ce serait uniquement un plan de conservation, pas un plan de renforcement.

La plupart des associations et organismes impliqués dans la conservation de l’espèce ours estimaient pour leur part que la population d’ours ne pourrait pas être viable en dessous d’au moins 70 individus (voire 100/150 pour certains).  Cap Ours, qui regroupe une trentaine d’associations, a adressé ces derniers jours au ministère une lettre ouverte faisant part de ses inquiétudes quant au respect des promesses et à l’avenir de l’ours, menaçant de relancer les actions citoyennes et juridiques auprès du parlement et de la commission européenne.

Selon plusieurs associations, la position du ministère témoigne une nouvelle fois d’une grande timidité, réserve, voire lâcheté face aux déclarations initiales et aux promesses faites lors des quelques réunions auxquelles il n’avait pu se soustraire suite aux campagnes menées par les associations.

La peur des lobbies agricole l’aura emporté sur le courage des décisions qui auraient pu marquer l’année de la biodiversité si souvent instrumentalisée pour donner bonne conscience. En effet, la réintroduction d’ours que certains espéraient pour cette année 2010 ne pourra pas se faire compte tenu de l’avancée en saison et de l’approche rapide de la période d’hivernage.  Et des réintroductions en 2011 interviendraient juste avant l’année des élections présidentielles…  avec tous les risques de mécontentement d’un certain pourcentage d’électorat.

Les Loups du Gévaudan – 25ème anniversaire du parc.

Loup arctique (Canis lupus arctos) © P.Demeure

C’est en 1962 que Gérard Ménatory (1921-1998) obtient son premier couple de loups (Canis lupus) de Pologne, qu’il nomme Bialow et Toundra.

L’amour de ces animaux ne le quittera plus. Il les installe au Chastel Nouvel dans sa propriété de 3 ha, à proximité de Mende. En 1971, les loups sont transférés au parc zoologique de Sainte Lucie.

En 1985, et avec le concours du Conseil Général de la Lozère et de la SELO (Société d’économie mixte pour le développement de la Lozère), Gérard Ménatory fait de ce site le premier parc à loups où le public peut les observer dans des vastes enclos en semi-liberté.

Le parc des loups du Gévaudan accueille des loups de Mongolie, du Canada, de Pologne, de Sibérie et des loups arctiques du grand nord canadien. Sur la vingtaine d’hectares consacrés aux loups, sept sont ouverts aux visiteurs. Chercheurs, et étudiants peuvent observer le comportement du loup sur l’ensemble du territoire.

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Visite pédagogique © P.Demeure

Outre le fait de préserver cet animal, le parc cherche à sensibiliser petits et grands à l’importance de ce super-prédateur dans notre écosystème, en tentant d’atténuer toutes les peurs ancestrales, d’éliminer les idées reçues et de

faire connaître son intérêt dans la biodiversité de notre planète.

Même si le loup fait actuellement l’objet de nombreuses études, l’intérêt que suscite cet animal reste très récent ; les premières données à caractère scientifique ont été relevées il y a tout juste 70 ans (Adolph Murie en Alaska). Jusqu’alors, nos connaissances sur ce canidé, souvent décrié, étaient particulièrement limitées et fréquemment fondées sur l’imaginaire, l’inconscient et non sur de réelles observations. Le parc Les Loups du Gévaudan, qui rassemble 5 sous-espèces a pour rôle de faire évoluer l’image du loup auprès des populations, afin qu’à terme, le loup puisse vivre en totale harmonie avec l’homme dans notre pays.

Le parc propose des visites pédagogiques, ainsi qu’une brochure pour tout public à se procurer sur le site.

Actuellement le parc Les Loups du Gévaudan compte 136 loups et accueille prés de 80 000 visiteurs par an.

Des événements pour fêter les 25 ans

  • Maquillage des enfants : « ressembler à un loup parmi les loups », tous les mercredis après-midi du 07 Juillet au 25 août, le 27 octobre (spéciale Halloween), le 3 novembre, le 22 décembre (spéciale Noël) et le 29 décembre.
  • Représentation théatrale : « Qui a peur du grand méchant loup ? » . Les contes de Perrault revus et corrigés : le grand méchant loup est malheureux car il est incompris et personne ne l’aime, jusqu’au coup de théâtre final…
  • Les nocturnes du loup – «Percevoir les loups et leurs déplacements à la nuit tombante accompagné d’un spécialiste» : Tous les jeudis du 15 juillet au 12 août 2010, de 20h30 à 23h30,  le parc ouvrira ses portes exceptionnellement en soirée. Le public pourra ainsi assister à une visite guidée nocturne avec, pour clore la soirée, un essai de hurlement avec les loups.
    Cliquez sur la flèche pour écouter les loups hurler :

    Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

  • Les grands prédateurs de France (Ours, Loup, Lynx) les 25 et 26 Septembre, exposition, stand d’information et conférences.

Pour en savoir plus :

Le Cahier de Routes

Le site du parc des loups du Gévaudan

Décès de la plus vieille tortue géante au Jardin des Plantes

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Photos DJBZ/MNHN

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Ménagerie du Jardin des Plantes

Kiki, tortue mâle géante des Seychelles, Dipsochelys elephantina , « doyen des français », s’est éteint le 30 novembre 2009 à la Ménagerie du Jardin des Plantes, établissement du Muséum national d’Histoire naturelle. Arrivé adulte à Paris en 1923, don de Monsieur Carrié érudit et naturaliste mauricien, il était âgé de 146 ans.

Installé dans le bâtiment reptiles de la ménagerie construit en 1870, il y passait ses hivers au chaud où il dégustait plats de carottes, bananes et autres légumes apportés par ses soigneurs. Dès le printemps, il prenait ses quartiers d’été sur la pelouse de la rotonde, bâtiment en forme de légion d’honneur, érigé en 1802. Pesant plus de 250 kilos, autrefois transporté en brouette il était ces dernières années, déplacé en chariot élévateur.

Très aimé du public parisien, Kiki était célèbre pour ses ébats amoureux démonstratifs accompagnés de grognement qui retentissaient dans tout le Jardin des Plantes.

Après avoir frôlé l’extinction en 1840, trop exploitées par les activités humaines (commerce maritime, consommation), la tortue des Seychelles reste une espèce menacée à présent protégée dans son habitat naturel. La population in situ est estimée à 150 000 et on en compte 375 individus dans les parcs zoologiques mondiaux dont une vingtaine en France.

Kiki2MNHN_rszIl reste actuellement quatre autres tortues géantes à la Ménagerie, souhaitons leurs une aussi bonne et longue vie.

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Ours danseurs : la fin est encore loin…

La France n’a quasiment plus d’ours. En Europe centrale, l’espèce est encore présente, bien présente. Avec plus 50 ans de décalage par rapport à nos propres régions, des pratiques et des coutumes d’un autre âge ont encore lieu. Les montreurs d’ours sont toujours nombreux, surtout dans les campagnes. Capturés oursons après l’abattage de leur mère, les ours sont utilisés pour glaner quelques pièces au cours des fêtes de village en les faisant « danser », ou pour amuser les clients des cafés locaux en les faisant boire de la bière. Lorsqu’ils ne sont pas en « représentation », les ours sont enchaînés dans une arrière cour, contraints par une chaîne attachée à un anneau de fer qui traverse leur cloison nasale. Leur misère n’ayant d’égale que celle de leur propriétaire, la nourriture et les soins sont rares. Les animaux souffrent de malnutrition et sont en proie à bien des maladies.

Il nous est facile d’accuser sans comprendre les contextes d’une misère sociale omniprésente dans ces régions qui ressemblent encore à nos campagnes de la fin du 19è siècle. L’intégration à l’Europe n’en est qu’à ses balbutiements, voire encore très éloignée. Lorsque les conflits déclarés ou larvés laissent un peu de répit aux politiques pour essayer de mettre en place une démarche allant dans le bon sens de l’évolution, les préoccupations se tournent en priorité vers les population humaines. L’animal et l’environnement passent bien après, et c’est hélas compréhensible, même si les choses pourraient parfois être menées de pair tout au moins pour l’urgence.

Malgré les difficultés économiques et l’aspect très rural, des associations se sont constituées pour inciter les autorités à prendre des mesures et à légiférer afin d’interdire la détention de ces animaux par des particuliers et des zoos trop petits pour les accueillir de façon décente.

Mais que faire des ours sauvés de leurs conditions misérables ? Il est impensable de les « réhabiliter » et de les replacer dans un milieu naturel sauvage. La seule solution possible est la création de centres de sauvetage spécialisés : les sanctuaires. Les ours sont débarrassés de leurs chaines, soignés, remis en état et stérilisés. Ils disposent de très grands enclos naturels dans lesquels ils peuvent vivre une existence d’ours correcte.

La Grèce, la Bulgarie, la Roumanie, la Croatie, la Georgie et quelques autres pays ont réussi à créer ces sanctuaires qui arrivent à s’autofinancer par les visites lorsque la réalisation est prévue pour acceuillir le public, ainsi que par des dons et par l’aide de fondations spécialisées.

D’autres pays sont sur le bon chemin, comme la Serbie qui a ratifié la Convention sur le commerce international des espèce de faune et de flore menacées d’extinction (CITES) et la Convention de Berne.

Cependant, l’adoption d’une législation et la ratification de conventions ne servent pas à grand’chose si elles ne sont pas accompagnées de mesures concrètes. Et c’est là que le bât blesse. La Serbie, malgré ses signatures et engagements, ne se presse guère pour permettre les sauvetages urgents. Bien qu’une procédure de transfert de 3 ours maltraités ait été engagée afin de conduire les animaux dans un centre d’accueil en Bulgarie, au dernier moment et pour des raisons inconnues, l’autorisation de transfert a été annulée et les ours sont toujours dans leur contexte de misère.

Que faire ?  Seule une information largement répandue par l’intermédiaire de campagnes de communication, doublée de demandes insistantes et de témoignages citoyens adressés aux autorités par l’intermédiaire de représentants locaux confirmés et influents peut permettre de débloquer des situations d’impasses. Lorsque les législations existent, il faut obtenir une mobilisation des autres pays d’Europe pour peser dans la balance et inciter au respect et à l’application effective des lois. Lorsqu’aucune réglementation n’existe, il faut par ces mêmes moyens arriver à obtenir des discussions, des débats publics afin que des lois puissent voir le jour. L’équilibre est bien difficile à trouver entre urgence et démocratie. Seules des structures nationales peuvent oeuvrer dans les pays concernés. Toute autre initiative étrangère isolée serait perçue comme une ingérence et aurait plutôt une influence négative. Cela n’empêche pas que les soutiens internationaux soient fondamentaux pour les structures nationales. Il faut montrer que le monde sait ce qui se passe et faire comprendre aux autorités locales qu’elles ne peuvent plus rester à la marge. Aucune avancée réelle n’aura lieu sans une législation claire, précise et sans mise en application de la réglementation, seules garantes de la pérennité de l’abolition des pratiques incriminées. Si ces mesures ne sont pas prises, quelques individus échapperont à leur condition grâce à des opérations « animalitaires » ponctuelles, mais tous les autres continueront à endurer leurs souffrances.

Il faut aussi préparer les structures d’accueil des animaux « récupérés », et offrir des compensations aux « détenteurs repentis »‘ afin qu’ils n’aient pas tendance à retrouver une nouvelle victime dès que l’ancienne sera sortie de leur horizon. Ceci peut être possible tout simplement en leur donnant un moyen de subsistance par un travail simple : devenir soigneur dans les centres de sauvetage, fabriquer des produits/objets artisanaux qui seront vendus dans le cadre d’un commerce équitable sont des voies possibles et logiques.

Parallèlement, il est indispensable de contribuer à faire prendre conscience des richesses naturelles, faunistiques et floristiques de ces régions aux paysages encore en grande partie préservés. Des forêts de montagne, des plateaux, des plaines humides, sont encore quasiment vierges, accueillant une faune libre et sauvage dans des écosystèmes disparus de la plupart des pays européens « anciens ». Les 5 prochaines années seront décisives : soit les pays prennent conscience de leurs richesses naturelles et font tout pour les préserver tout en bénéficiant de retombées économiques au travers d’un tourisme vert, soit ils laissent ces richesses se gangréner lentement mais surement au profit d’une urbanisation et d’une industrie qui ne sera de toutes façons jamais florissante. Dans la première hypothèse, l’Europe aura la chance de conserver en son sein une nature « authentique », dans la seconde les derniers sanctuaires disparaîtront en même temps qu’une faune qui avait traversé les millénaires.

Il suffit parfois de peu de choses pour faire pencher vers le bon côté ou vers le mauvais. Des projets sont tenus à bout de bras par des structures compétentes et enthousiastes. Il est du devoir de tous les écocitoyens de relayer l’information, d’aider à faire prendre conscience et de participer selon ses possibilités aux opérations et manifestations menées pour la protection et la conservation des espèces et des espaces. S’informer pour informer et participer.

Simple, non ?

Pierre Demeure

P.S. Le Journal Nature a plusieurs projets de communication et de participation à ces actions. Nous mettons en place un réseau que vous pourrez bientôt rejoindre.

Pour en savoir plus : www.vier-pfoten.org

La Convention de Berne : un outil européen pour la Conservation

La flore et la faune sauvages jouent un rôle essentiel dans la préservation des équilibres biologiques. La nature constitue le fondement de notre qualité de vie, et pourtant de nombreuses espèces se raréfient et sont menacées d’extinction. La nature a également une valeur intrinsèque et constitue un patrimoine naturel qui revêt une importance culturelle, scientifique et pour les loisirs, comme le souligne le préambule de la Convention de Berne.
« Convention de Berne » est le nom abrégé et informel donné à un traité régional négocié au Conseil de l’Europe à la fin des années 1970. La Convention relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l’Europe a été signée à Berne en septembre 1979 et est entrée en vigueur en juin 1982. Cela signifie que même si elle est un des textes fondateurs et un des plus anciens traités du domaine de l’environnement, elle a su traverser le temps en restant d’actualité.
Au moment de tourner la page de l’agenda et d’aborder une nouvelle année, il est important de bien prendre connaissance des termes du traité afin d’être plus efficace dans nos voeux de Conservation.
 

Convention relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l’Europe

Berne, 19.IX.1979

 

Préambule

Les Etats membres du Conseil de l’Europe et les autres signataires de la présente Convention,

Considérant que le but du Conseil de l’Europe est de réaliser une union plus étroite entre ses membres;

Considérant la volonté du Conseil de l’Europe de coopérer avec d’autres Etats dans le domaine de la conservation de la nature;

Reconnaissant que la flore et la faune sauvages constituent un patrimoine naturel d’une valeur esthétique, scientifique, culturelle, récréative, économique et intrinsèque, qu’il importe de préserver et de transmettre aux générations futures;

Reconnaissant le rôle essentiel de la flore et de la faune sauvages dans le maintien des équilibres biologiques;

Constatant la raréfaction de nombreuses espèces de la flore et de la faune sauvages et la menace d’extinction qui pèse sur certaines d’entre elles;

Conscients de ce que la conservation des habitats naturels est l’un des éléments essentiels de la protection et de la préservation de la flore et de la faune sauvages;

Reconnaissant que la conservation de la flore et de la faune sauvages devrait être prise en considération par les gouvernements dans leurs objectifs et programmes nationaux, et qu’une coopération internationale devrait s’instaurer pour préserver en particulier les espèces migratrices;

Conscients des nombreuses demandes d’action commune émanant des gouvernements ou des instances internationales, notamment celles exprimées par la Conférence des Nations Unies sur l’environnement, de 1972, et l’Assemblée Consultative du Conseil de l’Europe;

Désireux en particulier de suivre, dans le domaine de la conservation de la vie sauvage, les recommandations de la Résolution n° 2 de la deuxième Conférence ministérielle européenne sur l’environnement,

Sont convenus de ce qui suit:

Chapitre I – Dispositions générales

Article 1

1. La présente Convention a pour objet d’assurer la conservation de la flore et de la faune sauvages et de leurs habitats naturels, notamment des espèces et des habitats dont la conservation nécessite la coopération de plusieurs Etats, et de promouvoir une telle coopération.

2. Une attention particulière est accordée aux espèces, y compris les espèces migratrices, menacées d’extinction et vulnérables.

Article 2

Les Parties contractantes prennent les mesures nécessaires pour maintenir ou adapter la population de la flore et de la faune sauvages à un niveau qui correspond notamment aux exigences écologiques, scientifiques et culturelles, tout en tenant compte des exigences économiques et récréationnelles et des besoins des sous-espèces, variétés ou formes menacées sur le plan local.

Article 3

1. Chaque Partie contractante prend les mesures nécessaires pour que soient mises en œuvre des politiques nationales de conservation de la flore et de la faune sauvages et des habitats naturels, en accordant une attention particulière aux espèces menacées d’extinction et vulnérables, surtout aux espèces endémiques, et aux habitats menacés, conformément aux dispositions de la présente Convention.

2. Chaque Partie contractante s’engage, dans sa politique d’aménagement et de développement et dans ses mesures de lutte contre la pollution, à prendre en considération la conservation de la flore et de la faune sauvages.

3. Chaque Partie contractante encourage l’éducation et la diffusion d’informations générales concernant la nécessité de conserver des espèces de la flore et de la faune sauvages ainsi que leurs habitats.

Chapitre II – Protection des habitats

Article 4

1. Chaque Partie contractante prend les mesures législatives et réglementaires appropriées et nécessaires pour protéger les habitats des espèces sauvages de la flore et de la faune, en particulier de celles énumérées dans les annexes I et II, et pour sauvegarder les habitats naturels menacés de disparition.

2. Les Parties contractantes tiennent compte, dans leurs politiques d’aménagement et de développement, des besoins de la conservation des zones protégées visées au paragraphe précédent, afin d’éviter ou de réduire le plus possible toute détérioration de telles zones.

3. Les Parties contractantes s’engagent à accorder une attention particulière à la protection des zones qui ont une importance pour les espèces migratrices énumérées dans les annexes II et III et qui sont situées de manière adéquate par rapport aux voies de migration, comme aires d’hivernage, de rassemblement, d’alimentation, de reproduction ou de mue.

4. Les Parties contractantes s’engagent à coordonner autant que de besoin leurs efforts pour protéger les habitats naturels visés au présent article lorsqu’ils sont situés dans des régions qui s’étendent de part et d’autre de frontières.

Chapitre III – Conservation des espèces

Article 5

Chaque Partie contractante prend les mesures législatives et réglementaires appropriées et nécessaires pour assurer la conservation particulière des espèces de flore sauvage énumérées dans l’annexe I. Seront interdits la cueillette, le ramassage, la coupe ou le déracinage intentionnels des plantes visées. Chaque Partie contractante interdit, autant que de besoin, la détention ou la commercialisation de ces espèces.

Article 6

Chaque Partie contractante prend les mesures législatives et réglementaires appropriées et nécessaires pour assurer la conservation particulière des espèces de faune sauvage énumérées dans l’annexe II. Seront notamment interdits, pour ces espèces:

1. toutes formes de capture intentionnelle, de détention et de mise à mort intentionnelle;

2. la détérioration ou la destruction intentionnelles des sites de reproduction ou des aires de repos;

3. la perturbation intentionnelle de la faune sauvage, notamment durant la période de reproduction, de dépendance et d’hibernation, pour autant que la perturbation ait un effet significatif eu égard aux objectifs de la présente Convention;

4. la destruction ou le ramassage intentionnels des œufs dans la nature ou leur détention, même vides;

5. la détention et le commerce interne de ces animaux, vivants ou morts, y compris des animaux naturalisés, et de toute partie ou de tout produit, facilement identifiables, obtenus à partir de l’animal, lorsque cette mesure contribue à l’efficacité des dispositions du présent article.

Article 7

1. Chaque Partie contractante prend les mesures législatives et réglementaires appropriées et nécessaires pour protéger les espèces de faune sauvage énumérées dans l’annexe III.

2. Toute exploitation de la faune sauvage énumérée dans l’annexe III est réglementée de manière à maintenir l’existence de ces populations hors de danger, compte tenu des dispositions de l’article 2.

3. Ces mesures comprennent notamment:

1. l’institution de périodes de fermeture et/ou d’autres mesures réglementaires d’exploitation;

2. l’interdiction temporaire ou locale de l’exploitation, s’il y a lieu, afin de permettre aux populations existantes de retrouver un niveau satisfaisant;

3. la réglementation, s’il y a lieu, de la vente, de la détention, du transport ou de l’offre aux fins de vente des animaux sauvages, vivants ou morts.

Article 8

S’agissant de la capture ou de la mise à mort des espèces de faune sauvage énumérées dans l’annexe III, et dans les cas où des dérogations conformes à l’article 9 sont faites en ce qui concerne les espèces énumérées dans l’annexe II, les Parties contractantes interdisent l’utilisation de tous les moyens non sélectifs de capture et de mise à mort et des moyens susceptibles d’entraîner localement la disparition, ou de troubler gravement la tranquillité des populations d’une espèce, en particulier des moyens énumérés dans l’annexe IV.

Article 9

1. A condition qu’il n’existe pas une autre solution satisfaisante et que la dérogation ne nuise pas à la survie de la population concernée, chaque Partie contractante peut déroger aux dispositions des articles 4, 5, 6, 7 et à l’interdiction de l’utilisation des moyens visés à l’article 8:

* dans l’intérêt de la protection de la flore et de la faune;

* pour prévenir des dommages importants aux cultures, au bétail, aux forêts, aux pêcheries, aux eaux et aux autres formes de propriété;

* dans l’intérêt de la santé et de la sécurité publiques, de la sécurité aérienne, ou d’autres intérêts publics prioritaires;

* à des fins de recherche et d’éducation, de repeuplement, de réintroduction ainsi que pour l’élevage;

* pour permettre, dans des conditions strictement contrôlées, sur une base sélective et dans une certaine mesure, la prise, la détention ou toute autre exploitation judicieuse de certains animaux et plantes sauvages en petites quantités.

2. Les Parties contractantes soumettent au Comité permanent un rapport biennal sur les dérogations faites en vertu du paragraphe précédent. Ces rapports devront mentionner:

* les populations qui font l’objet ou ont fait l’objet des dérogations et, si possible, le nombre des spécimens impliqués;

* les moyens de mise à mort ou de capture autorisés;

* les conditions de risque, les circonstances de temps et de lieu dans lesquelles ces dérogations sont intervenues;

* l’autorité habilitée à déclarer que ces conditions ont été réalisées, et habilitée à prendre les décisions relatives aux moyens qui peuvent être mis en œuvre, à leurs limites, et aux personnes chargées de l’exécution;

* les contrôles opérés.

Chapitre IV – Dispositions particulières concernant les espèces migratrices

Article 10

1. En plus des mesures indiquées aux articles 4, 6, 7 et 8, les Parties contractantes s’engagent à coordonner leurs efforts pour la conservation des espèces migratrices énumérées dans les annexes II et III et dont l’aire de répartition s’étend sur leurs territoires.

2. Les Parties contractantes prennent des mesures en vue de s’assurer que les périodes de fermeture et/ou d’autres mesures réglementaires d’exploitation instituées en vertu du paragraphe 3.a de l’article 7 correspondent bien aux besoins des espèces migratrices énumérées dans l’annexe III.

Chapitre V – Dispositions complémentaires

Article 11

1. Dans l’exécution des dispositions de la présente Convention, les Parties contractantes s’engagent à:

1. coopérer chaque fois qu’il sera utile de le faire, notamment lorsque cette coopération pourrait renforcer l’efficacité des mesures prises conformément aux autres articles de la présente Convention;

2. encourager et coordonner les travaux de recherche en rapport avec les finalités de la présente Convention.

2. Chaque Partie contractante s’engage:

1. à encourager la réintroduction des espèces indigènes de la flore et de la faune sauvages lorsque cette mesure contribuerait à la conservation d’une espèce menacée d’extinction, à condition de procéder au préalable et au regard des expériences d’autres Parties contractantes à une étude en vue de rechercher si une telle réintroduction serait efficace et acceptable;

2. à contrôler strictement l’introduction des espèces non indigènes.

3. Chaque Partie contractante fait connaître au Comité permanent les espèces bénéficiant d’une protection totale sur son territoire et qui ne figurent pas dans les annexes I et II.

Article 12

Les Parties contractantes peuvent adopter pour la conservation de la flore et de la faune sauvages et de leurs habitats naturels des mesures plus rigoureuses que celles prévues dans la présente Convention.

Chapitre VI – Comité permanent

Article 13

1. Il est constitué, aux fins de la présente Convention, un Comité permanent.

2. Toute Partie contractante peut se faire représenter au sein du Comité permanent par un ou plusieurs délégués. Chaque délégation dispose d’une voix. Dans les domaines relevant de ses compétences, la Communauté économique européenne exerce son droit de vote avec un nombre de voix égal au nombre de ses Etats membres qui sont Parties contractantes à la présente Convention; la Communauté économique européenne n’exerce pas son droit de vote dans les cas où les Etats membres concernés exercent le leur et réciproquement.

3. Tout Etat membre du Conseil de l’Europe qui n’est pas Partie contractante à la Convention peut se faire représenter au comité par un observateur.

Le Comité permanent peut, à l’unanimité, inviter tout Etat non membre du Conseil de l’Europe qui n’est pas Partie contractante à la Convention à se faire représenter par un observateur à l’une de ses réunions.

Tout organisme ou toute institution techniquement qualifié dans le domaine de la protection, de la conservation ou de la gestion de la flore et de la faune sauvages et de leurs habitats, et appartenant à l’une des catégories suivantes:

1. organismes ou institutions internationaux, soit gouvernementaux soit non gouvernementaux, ou organismes ou institutions nationaux gouvernementaux;

2. organismes ou institutions nationaux non gouvernementaux qui ont été agréés à cette fin par l’Etat dans lequel ils sont établis,

peuvent informer le Secrétaire Général du Conseil de l’Europe, trois mois au moins avant la réunion du comité, de leur intention de se faire représenter à cette réunion par des observateurs. Ils sont admis sauf si, un mois au moins avant la réunion, un tiers des Parties contractantes ont informé le Secrétaire Général qu’elles s’y opposent.

4. Le Comité permanent est convoqué par le Secrétaire Général du Conseil de l’Europe. Il tient sa première réunion dans le délai d’un an à compter de la date d’entrée en vigueur de la Convention. Il se réunit par la suite au moins tous les deux ans et, en outre, lorsque la majorité des Parties contractantes en formule la demande.

5. La majorité des Parties contractantes constitue le quorum nécessaire pour tenir une réunion du Comité permanent.

6. Sous réserve des dispositions de la présente Convention, le Comité permanent établit son règlement intérieur.

Article 14

1. Le Comité permanent est chargé de suivre l’application de la présente Convention. Il peut en particulier:

* revoir de manière permanente les dispositions de la présente Convention, y compris ses annexes, et examiner les modifications qui pourraient être nécessaires;

* faire des recommandations aux Parties contractantes sur les mesures à prendre pour la mise en œuvre de la présente Convention;

* recommander les mesures appropriées pour assurer l’information du public sur les travaux entrepris dans le cadre de la présente Convention;

* faire des recommandations au Comité des Ministres relatives à l’invitation d’Etats non membres du Conseil de l’Europe à adhérer à la présente Convention;

* faire toute proposition tendant à améliorer l’efficacité de la présente Convention et portant notamment sur la conclusion, avec des Etats qui ne sont pas Parties contractantes à la Convention, d’accords propres à rendre plus efficace la conservation d’espèces ou de groupes d’espèces.

2. Pour l’accomplissement de sa mission, le Comité permanent peut, de sa propre initiative, prévoir des réunions de groupes d’experts.

Article 15

Après chacune de ses réunions, le Comité permanent transmet au Comité des Ministres du Conseil de l’Europe un rapport sur ses travaux et sur le fonctionnement de la Convention.

Chapitre VII – Amendements

Article 16

1. Tout amendement aux articles de la présente Convention, proposé par une Partie contractante ou par le Comité des Ministres, est communiqué au Secrétaire Général du Conseil de l’Europe et transmis par ses soins deux mois au moins avant la réunion du Comité permanent aux Etats membres du Conseil de l’Europe, à tout signataire, à toute Partie contractante, à tout Etat invité à signer la présente Convention conformément aux dispositions de l’article 19 et à tout Etat invité à y adhérer, conformément aux dispositions de l’article 20.

2. Tout amendement proposé conformément aux dispositions du paragraphe précédent est examiné par le Comité permanent qui:

1. pour des amendements aux articles 1 à 12, soumet le texte adopté à la majorité des trois quarts des voix exprimées à l’acceptation des Parties contractantes;

2. pour des amendements aux articles 13 à 24, soumet le texte adopté à la majorité des trois quarts des voix exprimées à l’approbation du Comité des Ministres. Ce texte est communiqué après son approbation aux Parties contractantes en vue de son acceptation.

3. Tout amendement entre en vigueur le trentième jour après que toutes les Parties contractantes ont informé le Secrétaire Général qu’elles l’ont accepté.

4. Les dispositions des paragraphes 1, 2.a et 3 du présent article sont applicables à l’adoption de nouvelles annexes à la présente Convention.

Article 17

1. Tout amendement aux annexes à la présente Convention, proposé par une Partie contractante ou par le Comité des Ministres, est communiqué au Secrétaire Général du Conseil de l’Europe et transmis par ses soins deux mois au moins avant la réunion du Comité permanent aux Etats membres du Conseil de l’Europe, à tout signataire, à toute Partie contractante, à tout Etat invité à signer la présente Convention conformément aux dispositions de l’article 19 et à tout Etat invité à y adhérer, conformément aux dispositions de l’article 20.

2. Tout amendement proposé conformément aux dispositions du paragraphe précédent est examiné par le Comité permanent qui peut l’adopter à la majorité des deux tiers des Parties contractantes. Le texte adopté est communiqué aux Parties contractantes.

3. A l’expiration d’une période de trois mois après son adoption par le Comité permanent, et sauf si un tiers des Parties contractantes ont notifié des objections, tout amendement entre en vigueur à l’égard des Parties contractantes qui n’ont pas notifié d’objections.

Chapitre VIII – Règlement des différends

Article 18

1. Le Comité permanent facilite autant que de besoin le règlement amiable de toute difficulté à laquelle l’exécution de la Convention donnerait lieu.

2. Tout différend entre Parties contractantes concernant l’interprétation ou l’application de la présente Convention qui n’a pas été réglé sur la base des dispositions du paragraphe précédent ou par voie de négociation entre les parties au différend et sauf si ces parties en conviennent autrement est, à la requête de l’une d’entre elles, soumis à l’arbitrage. Chacune des parties désigne un arbitre et les deux arbitres désignent un troisième arbitre. Si, sous réserve des dispositions du paragraphe 3 du présent article, dans un délai de trois mois à compter de la requête d’arbitrage, l’une des parties n’a pas désigné son arbitre, le Président de la Cour européenne des Droits de l’Homme procède, à la demande de l’autre partie, à sa désignation dans un nouveau délai de trois mois. La même procédure s’applique au cas où les deux arbitres ne peuvent pas se mettre d’accord sur le choix du troisième arbitre dans un délai de trois mois à compter de la désignation des deux premiers arbitres.

3. En cas de différend entre deux Parties contractantes dont l’une est un Etat membre de la Communauté économique européenne, elle-même Partie contractante, l’autre Partie contractante adresse la requête d’arbitrage à la fois à cet Etat membre et à la Communauté, qui lui notifient conjointement, dans un délai de deux mois après la réception de la requête, si l’Etat membre ou la Communauté, ou l’Etat membre et la Communauté conjointement, se constituent partie au différend. A défaut d’une telle notification dans ledit délai, l’Etat membre et la Communauté sont réputés n’être qu’une seule et même partie au différend pour l’application des dispositions régissant la constitution et la procédure du tribunal arbitral. Il en est de même lorsque l’Etat membre et la Communauté se constituent conjointement partie au différend.

4. Le tribunal arbitral établit ses propres règles de procédure. Les décisions sont prises à la majorité. Sa sentence est définitive et obligatoire.

5. Chaque partie au différend supporte les frais de l’arbitre qu’elle a désigné et les parties supportent, à parts égales, les frais du troisième arbitre, ainsi que les autres dépenses entraînées par l’arbitrage.

Chapitre IX – Dispositions finales

Article 19

1. La présente Convention est ouverte à la signature des Etats membres du Conseil de l’Europe et des Etats non membres qui ont participé à son élaboration, ainsi qu’à celle de la Communauté économique européenne.

Jusqu’à la date de son entrée en vigueur, elle est aussi ouverte à la signature de tout autre Etat invité à la signer par le Comité des Ministres.

La Convention sera soumise à ratification, acceptation ou approbation. Les instruments de ratification, d’acceptation ou d’approbation seront déposés près le Secrétaire Général du Conseil de l’Europe.

2. La Convention entrera en vigueur le premier jour du mois qui suit l’expiration d’une période de trois mois après la date à laquelle cinq Etats, dont au moins quatre Etats membres du Conseil de l’Europe, auront exprimé leur consentement à être liés par la Convention conformément aux dispositions du paragraphe précédent.

3. Elle entrera en vigueur à l’égard de tout Etat signataire ou de la Communauté économique européenne, qui exprimeront ultérieurement leur consentement à être liés par elle, le premier jour du mois qui suit l’expiration d’une période de trois mois après la date du dépôt de l’instrument de ratification, d’acceptation ou d’approbation.

Article 20

1. Après l’entrée en vigueur de la présente Convention, le Comité des Ministres du Conseil de l’Europe pourra, après consultation des Parties contractantes, inviter à adhérer à la Convention tout Etat non membre du Conseil qui, invité à la signer conformément aux dispositions de l’article 19, ne l’aura pas encore fait, et tout autre Etat non membre.

2. Pour tout Etat adhérent, la Convention entrera en vigueur le premier jour du mois qui suit l’expiration d’une période de trois mois après la date du dépôt de l’instrument d’adhésion près le Secrétaire Général du Conseil de l’Europe.

Article 21

1. Tout Etat peut, au moment de la signature ou au moment du dépôt de son instrument de ratification, d’acceptation, d’approbation ou d’adhésion, désigner le ou les territoires auxquels s’appliquera la présente Convention.

2. Toute Partie contractante peut, au moment du dépôt de son instrument de ratification, d’acceptation, d’approbation ou d’adhésion, ou à tout autre moment par la suite, étendre l’application de la présente Convention, par déclaration adressée au Secrétaire Général du Conseil de l’Europe, à tout autre territoire désigné dans la déclaration et dont elle assure les relations internationales ou pour lequel elle est habilitée à stipuler.

3. Toute déclaration faite en vertu du paragraphe précédent pourra être retirée, en ce qui concerne tout territoire désigné dans cette déclaration, par notification adressée au Secrétaire Général. Le retrait prendra effet le premier jour du mois qui suit l’expiration d’une période de six mois après la date de réception de la notification par le Secrétaire Général.

Article 22

1. Tout Etat peut, au moment de la signature ou au moment du dépôt de son instrument de ratification, d’acceptation, d’approbation ou d’adhésion, formuler une ou plusieurs réserves à l’égard de certaines espèces énumérées dans les annexes I à III et/ou, pour certaines de ces espèces qui seront indiquées dans la ou les réserves, à l’égard de certains moyens ou méthodes de chasse et d’autres formes d’exploitation mentionnés dans l’annexe IV. Des réserves de caractère général ne sont pas admises.

2. Toute Partie contractante qui étend l’application de la présente Convention à un territoire désigné dans la déclaration prévue au paragraphe 2 de l’article 21 peut, pour le territoire concerné, formuler une ou plusieurs réserves conformément aux dispositions du paragraphe précédent.

3. Aucune autre réserve n’est admise.

4. Toute Partie contractante qui a formulé une réserve en vertu des paragraphes 1 et 2 du présent article peut la retirer en tout ou en partie en adressant une notification au Secrétaire Général du Conseil de l’Europe. Le retrait prendra effet à la date de réception de la notification par le Secrétaire Général.

Article 23

1. Toute Partie contractante peut, à tout moment, dénoncer la présente Convention en adressant une notification au Secrétaire Général du Conseil de l’Europe.

2. La dénonciation prendra effet le premier jour du mois qui suit l’expiration d’une période de six mois après la date de réception de la notification par le Secrétaire Général.

Article 24

Le Secrétaire Général du Conseil de l’Europe notifiera aux Etats membres du Conseil de l’Europe, à tout Etat signataire, à la Communauté économique européenne signataire de la présente Convention, et à toute Partie contractante:

1. toute signature;

2. le dépôt de tout instrument de ratification, d’acceptation, d’approbation, ou d’adhésion;

3. toute date d’entrée en vigueur de la présente Convention conformément à ses articles 19 et 20;

4. toute information communiquée en vertu des dispositions du paragraphe 3 de l’article 13;

5. tout rapport établi en application des dispositions de l’article 15;

6. tout amendement ou toute nouvelle annexe adopté conformément aux articles 16 et 17 et la date à laquelle cet amendement ou cette nouvelle annexe entre en vigueur;

7. toute déclaration faite en vertu des dispositions des paragraphes 2 et 3 de l’article 21;

8. toute réserve formulée en vertu des dispositions des paragraphes 1 et 2 de l’article 22;

9. le retrait de toute réserve effectué en vertu des dispositions du paragraphe 4 de l’article 22;

10. toute notification faite en vertu des dispositions de l’article 23 et la date à laquelle la dénonciation prendra effet.

En foi de quoi, les soussignés, dûment autorisés à cet effet, ont signé la présente Convention.

Fait à Berne, le 19 septembre 1979, en français et en anglais, les deux textes faisant également foi, en un seul exemplaire qui sera déposé dans les archives du Conseil de l’Europe. Le Secrétaire Général du Conseil de l’Europe en communiquera copie certifiée conforme à chacun des Etats membres du Conseil de l’Europe, à tout Etat et à la Communauté économique européenne signataires ainsi qu’à tout Etat invité à signer la présente Convention ou à y adhérer.

 

 

 

Pour en savoir plus : http://www.coe.int/bernconvention/fr

Avec la contribution du secrétariat de la Convention de Berne

Les bords de champs cultivés, ultime refuge des mauvaises herbes ?

Exemple d'espèce ayant fortement régréssé : Orlaya à grandes fleurs (Orlaya grandiflora) - copyright INRA

Quel est l’impact potentiel de l’évolution des pratiques et paysages agricoles sur la végétation ? Pour y répondre, des chercheurs de l’unité de Biologie et gestion des adventices de de l’INRA de Dijon ont entrepris de quantifier la contribution des différents éléments d’un paysage agricole dans la composition et la diversité floristique.

A partir de relevés de la flore adventice (les « mauvaises herbes ») réalisés à trente ans d’intervalle, les chercheurs ont analysé l’évolution des espèces recensées à l’intérieur des parcelles cultivées. Ils ont aussi comparé la composition et la fréquence des adventices à l’intérieur des champs et dans les bordures considérées ici comme la bande la plus externe de la culture et faisant l’interface avec les talus, les chemins ou les haies attenantes. 222 espèces observées au cours de l’une ou l’autre des deux campagnes de suivi (réseau Biovigilance Flore) ont été comparées entre 1968-1976 et 2005-2006, sur les mêmes 158 parcelles de Côte d’Or.

Dynamique de disparition
En 30 ans, le nombre moyen d’espèces par parcelle cultivée (richesse spécifique) a chuté de 44% alors que le nombre moyen de mauvaises herbes par m2 (densité) a, quant à lui, diminué de 67%. Les parcelles sont donc globalement beaucoup plus « propres » de nos jours. La composition des communautés adventices s’est également fortement modifiée. Sur les 188 espèces recensées lors de la première campagne, 67 ont disparu contre seulement 34 nouvelles espèces recensées en 2005-2006.

Un tiers de ces espèces disparues des parcelles cultivées depuis les années 1970 ne se trouve plus que dans les bords des champs. Ceux-ci abritent dorénavant plus d’espèces végétales que l’intérieur des parcelles. Cette répartition touche aussi bien les espèces rares à valeur patrimoniale que les espèces les plus communes. Aujourd’hui, les bords des champs accueillent les reliques des populations adventices en déclin.

Ce déclin pourrait être d’autant plus préoccupant qu’il affecte des espèces reconnues pour leur rôle bénéfique dans le paysage agricole. Le fonctionnement des agro-systèmes pourrait en être affecté en privant certains oiseaux granivores ou insectes phytophages de sources de nourriture (pollen, nectar, graines…) ou d’habitat qu’elles procurent. D’ores et déjà, les chercheurs ont observé une disparition plus marquée des espèces pollinisées par les insectes. Les chercheurs de l’INRA de Dijon débutent des études complémentaires sur les relations entre les adventices et certains insectes, notamment les carabes dont certains sont prédateurs de graines des mauvaises herbes.

Longtemps considérées comme nuisibles, les mauvaises herbes des zones de culture ne bénéficient d’aucun statut de protection. Parmi les espèces de mauvaises herbes disparues complètement des parcelles cultivées, certaines, d’une grande valeur patrimoniale, sont sur la liste rouge du Plan national d’action pour la conservation des plantes messicoles, comme la gagée des champs (Gagea Villosa) et la nigelle des champs (Nigella Arvensis). Concilier l’activité de production agricole et le maintien de la biodiversité en zone de grandes cultures constitue un enjeu de recherche auquel participent les travaux sur l’évolution de la flore adventice.

Les bords de champs constituent un habitat probablement privilégié, dans l’espace cultivé, pour les espèces adventices moins compétitives car ils combinent à la fois moins de contraintes en termes de traitements herbicides ou fertilisants, et moins de perturbations liées au travail du sol. Les stocks de semences y seraient donc aussi plus importants. Ainsi, les bords de champs auraient un rôle à jouer dans le maintien de la diversité des espèces. Ne faisant pas l’objet de réglementation particulière d’aménagement, leur rôle à long terme dans la conservation des espèces adventices demeure toutefois incertain.

Le réseau Biovigilance Flore

Mis en place en 2002 par le Service de la protection des végétaux avec la collaboration de scientifiques de l’unité mixte de recherche Biologie et gestion des adventices, le réseau Biovigilance Flore vise à détecter, analyser et interpréter les changements de la flore en relation avec l’évolution des techniques culturales, à partir d’un suivi annuel d’environ 1000 parcelles couvrant toute la France.

 

Références :
Fried, G. et al., Arable weed decline in Northen France : Crop edges as refugia for weed conservation? Biological Conservation 142 (2009) 238-243, publié en ligne le 8 novembre 2008

Contacts : 

Xavier REBOUD
tél. : 03 80 69 31 81
xavier.reboud@dijon.inra.fr
Unité mixe de recherche « Biologie et gestion des adventices »
départements « Santé des plantes et environnement » et «Environnement et agronomie »
centre INRA de Dijon

ou :
Guillaume FRIED
Tel. : 04 99 61 26 59
fried@supagro.inra.fr
Laboratoire National de la Protection des Végétaux (LNPV) Station de Montpellier

L’anguille européenne : migrer ou ne pas migrer en eau douce ?

La biologie et l’écologie de l’anguille européenne n’ont pas fini de nous étonner. Ainsi au stade civelle, certains individus remontent les estuaires pour croître dans les rivières alors que d’autres effectuent tout leur cycle en mer. A Bordeaux, les chercheurs se sont penchés sur l’origine de cette divergence de comportements migratoires. Et si tout n’était qu’une question de réserve énergétique et de comportement alimentaire ?
Surpêche, pollution, aménagement des rivières, changement global etc. menacent de nombreux poissons migrateurs. Parmi les espèces en danger, on peut citer l’anguille européenne dont le stock d’individus aurait diminué d’un facteur 10 au cours des deux dernières décennies. Pour sauver l’espèce, l’urgence passe par une meilleure gestion des populations soumises aux pressions du milieu. Mais cela suppose en amont de bien connaître la biologie et l’écologie de l’espèce. L’exercice est complexe, car le cycle de vie de l’anguille européenne présente encore de nombreuses inconnues. Ainsi, l’espèce a longtemps été considérée comme un poisson migrateur qui se reproduit en mer et croît en rivière. Or, des études réalisées au cours de la dernière décennie ont révélé que certains individus ne réalisent pas leur croissance en eau douce. Des divergences migratoires existeraient au stade civelle. A Bordeaux et Saint-Pée-sur-Nivelle, dans le cadre d’une thèse co-encadrée par le Cemagref et l’INRA, Sarah Bureau du Colombier s’est penchée sur l’origine des différents patrons de migration des civelles d’anguilles européennes.

Trier les migrants et les sédentaires

Quelles caractéristiques morphologiques permettent de différencier une civelle sédentaire d’une civelle migratrice dans le milieu naturel ? La réponse à ce jour est « aucune ». Pour trier les individus en fonction de leur propension à migrer, la jeune doctorante a eu recours à des études comportementales. Pour remonter les estuaires, les civelles migratrices utilisent le courant de la marée montante. La lumière inhibant la migration, elles se déplacent de préférence à l’obscurité donc surtout de nuit.. En reproduisant en conditions expérimentales les deux principaux stimuli de la migration, il est alors possible de distinguer des individus très mobiles (forte propension à migrer) de ceux plus passifs, enfouis dans le gravier (faible propension à migrer). Les centaines de civelles suivies au cours des travaux ont été capturées en entrée d’estuaire ou au milieu de l’estuaire de l’Adour.

Une question de seuil d’énergie individuel

Lorsqu’elles remontent l’estuaire de l’Adour, les jeunes civelles cessent plus ou moins totalement de s’alimenter. Il s’agit d’un vrai « parcours du combattant » qui suppose de bonnes réserves énergétiques dés l’embouchure de l’estuaire puis une rapide reprise d’alimentation une fois la rivière atteinte. Pour vérifier ces hypothèses, la jeune scientifique a comparé le statut énergétique des deux catégories de civelles ainsi que leur capacité de reprise de l’alimentation. En milieu d’estuaire, les civelles ayant une forte propension à la migration semblent mieux armées du point de vue énergétique pour conquérir les eaux douces et y poursuivre leur croissance. En entrée d’estuaire les différences ne sont pas significatives. Ce résultat va dans le sens de l’existence d’un seuil d’énergie individuel déterminant si l’individu poursuivra ou non sa migration. Par ailleurs, les résultats ont également soulignés de plus fortes dépenses d’énergie et une reprise d’alimentation plus lente et/ou plus faible chez les civelles sédentaires.

L’ensemble de ces données a ensuite permis d’alimenter un modèle de migration estuarienne qui permettra à terme de simuler le comportement migratoire des populations de civelles en fonction de différents paramètres, dont certains liés au changement global du climat.

Un cycle de vie complexe

L’anguille européenne se reproduit près des côtes nord-américaines dans la mer des Sargasses. Les jeunes larves dénommées leptocéphales traversent l’océan Atlantique grâce aux courants marins.
A proximité des côtes européennes et nord-africaines, elles se métamorphosent en civelles (jeunes anguilles jaunes). Les individus se sédentarisent alors, en zone côtière ou estuarienne, ou remontent les cours d’eau. C’est après s’être métamorphosés en anguilles argentées que les adultes entreprennent leur migration de reproduction …vers la mer des Sargasses.

Nausicaa expose Madagascar

En 2008, NAUSICAA, le Centre National de la Mer à Boulogne-sur-Mer, crée « Planète NAUSICAA », un dispositif multimédia interactif d’information et d’éducation sur la mer et le développement durable.

Ce nouveau NAUSICAA prévoit la création d’une exposition temporaire dans la première partie du parcours de visite renouvelée tous les deux ans : autant de zoom sur certaines régions maritimes du monde à la découverte d’une mer, d’une côte, d’un archipel ou d’une île et des peuples qui y vivent. Premier rendez-vous depuis le 28 juin 2008 avec l’Exposition-Reportage sur Madagascar et le canal de Mozambique.

Sur la piste du coelacanthe

Le périple débute dans le canal du Mozambique, vers les côtes malgaches et l’estuaire du fleuve Betsiboka où pousse la mangrove.

Le canal de Mozambique s’est formé il y a 160 millions d’années quand un morceau de terre s’est détaché du continent pour former Madagascar, 4ème plus grande île du monde, ancrée à 400 km de la côte africaine dans l’Océan Indien. Les espèces présentes à cette époque lointaine ont évolué dans des conditions différentes de celles qui vivaient sur le continent proche. Ce qui explique leur endémisme et leur spécificité. Les îles coralliennes ou volcaniques qui se sont formées dans le canal ont été colonisées par des espèces venues d’ailleurs. Toutes ces îles sont fragiles : sur ces terres isolées, de taille réduite, la pression de l’homme prend une ampleur parfois catastrophique ; seule l’exploitation durable des ressources naturelles permet de lutter contre la pauvreté.

Les eaux riches en vie du canal du Mozambique abritent une faune très diversifiée et quelques créatures mystérieuses comme le cœlacanthe, ce poisson qui a traversé les âges. Véritable fossile vivant, c’est un témoin de l’histoire de la vie sur notre planète. En observant ce « rescapé de l’évolution », on s’interroge sur la faculté d’adaptation des espèces vivantes aux bouleversements écologiques que vit la Terre aujourd’hui.

Le canal du Mozambique, passage le long du continent Est africain est une région parsemée d’îles d’origine géologique variée. Les îles Eparses sont des îlots coralliens déclarés réserves intégrales. Tortues, oiseaux, poissons et mammifères y foisonnent. La richesse des eaux de la région fait vivre les pêcheurs : thons, espadons, requins alimentent les marchés du monde entier et payent un lourd tribut à la pêche industrielle.

Rencontre sur les rives de l’estuaire du fleuve rouge,
la Betsiboka, avec un responsable des pêches.

De la terre à l’océan – aujourd’hui, la terre s’appauvrit avec la déforestation, l’érosion et des paysans se tournent désormais vers la pêche. La crevette, source de richesse pour les habitants de l’île-continent, est exploitée de façon durable. Mais la concurrence avec les pays asiatiques est dure. L’Océan pourra-t-il rester ce nouvel Eldorado pour les malgaches ?

En approchant de la côte, nous apercevons les forêts de mangroves qui poussent sur le rivage. On y élève des crevettes. Car l’aquaculture permet de compléter la pêche, en contrôlant la production de ce crustacé si important pour l’économie malgache. En effet, des mesures drastiques ont été prises pour une meilleure gestion de la ressource : pas de pêche la nuit, pas de pêche pendant les trois mois de reproduction, conservation des by catches à bord et distribution aux populations, plants de mangrove, etc.

L‘interview commence : Un responsable du groupement des pêcheurs et aquaculteurs de crevettes de Madagascar nous parle de la démarche originale du gouvernement malgache.

« Des projets de gestion durable des pêcheries ont été mis en place à Madagascar pour préserver la ressource. L’attribution des licences a été réformée.  Des équipements moins dangereux pour la faune marine ont été utilisés. L’aquaculture suit aussi des normes écologiques. Ces politiques doivent aider à préserver dans le long terme la crevette, source de richesses. Mais elles coûtent chères et la concurrence internationale est forte. Arriverons-nous à préserver nos ressources à long terme ? Aujourd’hui, des populations qui vivaient traditionnellement de la terre viennent pêcher dans les estuaires : pourtant les crevettes y sont trop petites et ne pourront grandir et alimenter les pêcheries du large. La production de la crevette, un temps baptisée « or rose » de Madagascar, est aujourd’hui menacée.

Nous nous enfonçons dans l’estuaire du fleuve Betsiboka, les eaux sont rouges, chargées en sédiments qui partent au large où ils étouffent les coraux fragiles. Car l’eau du fleuve emporte avec elle les terres de l’île rouge, ravagée par l’érosion. Coupable : la déforestation pour laisser la place aux terres agricoles et les mauvaises pratiques agricoles. Les sols lessivés par la pluie deviennent infertiles. Les paysans gagnent les villes ou se tournent désormais vers la pêche. Mais cette pression qui s’accentue sur l’Océan pourrait mettre en péril les précieuses ressources marines.

L’île-continent, une réserve de vie exceptionnelle

L’île-continent, est caractérisée par une mosaïque de paysages allant du désert à la forêt humide. Ces milieux abritent des ressources naturelles d’une biodiversité exceptionnelle…

Nous découvrons dans un enclos de terre rouge et sèche des tortues et un boa, symboles de la diversité des reptiles de Madagascar. Puis, nous pénétrons dans la pénombre de la forêt et entrons dans une cabane. C’est ici que les scientifiques viennent observer les secrets de la forêt malgache. Des cartes et des illustrations naturalistes sont punaisées aux murs de planches. Sur les tables, divers instruments utilisés par les chercheurs et leurs cahiers ouverts, où nous pouvons lire quelques notes : « la déforestation a provoqué la disparition des 4/5ème de la forêt – au rythme actuel, elle aura totalement disparu d’ici 40 ans… mais la  diversité biologique exceptionnelle de Madagascar est aujourd’hui reconnue et de mieux en mieux protégée. »

Ici, une boîte s’adresse aux amateurs d’émotions puisque sa forme nous permet d’engager sa tête au milieu d’énormes blattes ! Par moments, retentit l’étonnant chant des indris qui couvre les bruits de la forêt. Par les fenêtres, on aperçoit des cétoines sur le sol dans la cabane du chercheur, qui se laissent admirer comme des pierres précieuses. Un bassin abrite un banc de Bedotias, petits poissons des rivières rapides de Madagascar.

Plus loin, nous observons les couleurs somptueuses d’un grand caméléon de Madagascar. Un de ses cousins, le plus petit caméléon du monde, vit aussi sur l’île continent. Puis au bord de la rivière nous admirons le Paratilapia, un autre hôte endémique des rivières malgaches.

Notre périple nous amène devant les phasmes géants particulièrement spectaculaires puis dans la pénombre de la forêt humide, de ravissantes petites grenouilles oranges, les Mantellas. Mais attention, danger ! En effet, leur couleur vive annonce qu’elles sont toxiques pour leurs prédateurs.

Rencontre sur les rivages du canal du Mozambique avec les pêcheurs Vezo,

Les « Vezos » sont les seuls malgaches à tirer toutes leurs ressources de l’océan. Rendez-vous dans un village de pêcheur, au sud-ouest de l’île de Madagascar.

En sortant de la cabane, nous descendons sur le rivage ensoleillé du sud de Madagascar. Le pays des pêcheurs Vezo.

Nous avançons sur le sable blanc puis plus loin sur le platier découvert par la marée basse. Devant nous, l’eau est transparente. Nous pouvons entendre le bruit des vagues venant inlassablement mourir sur le sable blanc. La lumière est forte. Nous pouvons admirer la richesse, la diversité de la faune vivant dans cette zone particulièrement riche du Canal du Mozambique notamment en juvéniles. Plus loin une pirogue est tirée sur la plage. Entre les palissades qui clôturent leur village, nous pouvons voir le paysage désertique qui se déploie en arrière plan du village.

Le pêcheur apparaît et l’interview commence : Nous les Vezo, on a toujours vécu de l’océan et on est les seuls dans le pays. On va dans le lagon à proximité des côtes et on capture le poisson au filet, à l’hameçon, à la senne de mer ou en apnée au harpon. Quand la marée est basse, les femmes pêchent à pied sur le récif. En hiver on embarque pour suivre les bancs de poissons en mer. On quitte le village et on campe sur la côte. Avant on ne pêchait que pour nous. Maintenant, on pêche plus et on vend le poisson, les poulpes, les holothuries et les langoustes à des camions qui passent au village pour l’acheter. Mais il y en a moins qu’avant…Dans le canal de Mozambique, la mer est riche.  De juin à octobre, les baleines à bosse viennent s’y reproduire et mettre bas. On y va parfois pour pêcher des requins, des thons ou des espadons. Mais il y a beaucoup de gros bateaux qui viennent pour capturer les requins. Les pêcheurs coupent les ailerons et jettent le reste du poisson à l’eau. Alors le requin va peut-être disparaître aussi. Je ne sais pas comment on va vivre bientôt.

Grâce à des longues vues accrochées à des supports plantés dans le sable, nous pouvons voir au large les Vezo en pêche.

Rencontre avec le responsable d’un projet pilote d’aquaculture

De nombreuses initiatives ont été prises à tous les niveaux pour améliorer les conditions de vie des malgaches à long terme et lutter contre la pauvreté ; parmi elles, celles qui sont tournées vers les activités maritimes sont nombreuses : l’élevage des holothuries, la récolte du sel, la création d’aires marines protégées ou la reprise de chantiers maritimes traditionnels par exemple. 

Nous observons au large des piquets qui délimitent des parcs à holothuries, ces animaux marins au corps en forme de boudin qui sont élevés pour être vendus. Les holothuries sont en effet surexploitées, or leur préservation est importante pour l’équilibre écologique du récif (ils recyclent la matière vivante). Afin de se substituer à cette cueillette à outrance, des projets pilotes d’écloserie et d’élevage ont été mis en place ici.

L’interview du responsable scientifique du projet débute : « nous avons essayé de faire un projet d’aquaculture villageoise. Grâce à un procédé que nous avons pu mettre au point, nous savons contrôler la reproduction des holothuries en écloserie toute l’année. Les animaux sont ensuite élevés dans des bacs afin de finir de grandir dans des parcs en mer. Ainsi, nous pouvons assurer un revenu aux pêcheurs sans mettre en péril la vie en mer. »

D’autres actions ont été mises en place qui pourraient être reprises dans de nombreuses régions du monde. A Andavadoaka, petit village le long du magnifique récif qui longe la côte, les pêcheurs s’accordent pour ne pas pêcher sur certaines zones afin de permettre aux poulpes de se reproduire. A Tulear, les Vezo ont repris des activités d’exploitation du sel et s’organisent pour le commercialiser. Soutenus par des associations, des chantiers maritimes, dans lesquels on construit des embarcations traditionnelles Vezo, ont repris de l’activité. Ces navires sont utilisés pour le cabotage et la commercialisation de produits le long de la côte.

Ainsi, à Madagascar et sur les rivages du canal du Mozambique, les hommes ont pris leur destin en main : pour lutter contre la pauvreté et assurer leur avenir, ils mettent en place des systèmes de gestion des ressources naturelles marines et côtières. Le développement durable des activités humaines est la garantie d’une meilleure qualité de vie pour tous les habitants de la région qui dépendent, comme partout dans le monde, de leur environnement pour survivre.

Nausicaa

Pour en savoir plus : www.nausicaa.fr

Menaces sur l’ours polaire-Petits gestes, grandes conséquences

Petits gestes quotidiens, grandes conséquences planétaires

Jusqu’au 31 janvier, le museum d’histoire naturelle de Rouen propose, en partenariat avec l’association AVES France, association de protection des espèces menacées, une immersion dans le monde de l’Arctique, à travers l’exposition « Menaces sur l’ours polaire ».

 Chaque année, la banquise fond plus l’été qu’elle ne se forme l’hiver. Peu à peu, le territoire de chasse de l’ours polaire diminue… Entraînant par conséquence une disparition de l’espèce… L’ours polaire, classé sur liste rouge des espèces menacées, apparaît comme le symbole des effets du réchauffement climatique sur nos écosystèmes. Parce que si une seule espèce disparaît, cela aura inévitablement des conséquences sur toutes les autres.

Beaucoup d’études informent déjà sur les risques du réchauffement climatique, mais cette opération a surtout vocation de passer à l’aspect pédagogique, à travers une sensibilisation des plus jeunes. La sensibilisation du grand public est le meilleur moyen pour sauver l’ours polaire, et montrer que chacun de nos gestes au quotidien a des conséquences à l’échelle de la planète.

L’exposition, en sollicitant nos différents sens,  nous plonge dans le monde méconnu des pôles, en explorant 5 thèmes principaux : l’Arctique en elle-même et les différentes familles d’ours, mais surtout les différentes menaces qui pèsent sur lui, les mesures de protection, et des éléments pour comprendre les phénomènes naturels qui conduisent à l’état actuel de la planète.

Un double parcours est ici mis en place : à travers un ensemble de panneaux explicatifs, à l’attention des adultes, mais surtout un second parcours, ludique et pédagogique, destinés aux enfants, qui déambulent dans l’espace, crayon en main pour partir à la chasse des réponses aux 12 questions du livret éducatif, et, peut-être, pour le plus chanceux, repartir avec un ours en peluche géant, à l’issue du concours mis en place pour l’occasion.

Plus qu’une simple exposition, entre explications, ambiance sonore et contact avec les textures du sol, c’est un voyage sensoriel qui nous est ici proposé, et contribue à nous faire prendre conscience du rôle que nous pouvons encore jouer pour préserver la planète.

Lauriane

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Agenda des mercredis museum

Dans le cadre de l’exposition « Menaces sur l’ours polaire »
18 novembre – 31 janvier

 Visites – Ateliers
Matin : 10h30 – 12h, après midi : 14h30 – 16h,
tarif : 5 euros.
Pour les enfants à partir de 7 ans

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  • 19 novembre : les bêtes de l’extrême – un atelier sur les adaptations animales (8-12ans)
  • 26 novembre : gribouille ton ours – un atelier d’initiation au dessin (7-9ans)
  • 3 décembre : la banquise en couleur – un atelier de dessin (10-12ans)
  • 10 décembre : exquise banquise – un atelier sur l’eau des pôles (8-12ans)
  • 17 décembre : sur les pas de l’ours – un atelier sur l’empreinte écologique (10-12ans)

 Inscription obligatoire et renseignements par mail à chmorille@rouen.fr et vlecoq@rouen.fr ou par téléphone au 02 35 71 41 50.

 Des ateliers et des visites pour les groupes scolaires sont proposés sur rendez-vous tous les jours sauf le lundi.

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Conférences, animées par Rémy Marion

Le 27 novembre à l’hôtel de ville dans la salle des mariages

 - « L’ours polaire » à 14h30, Curieux et imprévisible, le plus grand prédateur terrestre fascine tous ceux qui l’ont observé. Eternel errant qui parcourt la banquise, son seul domaine, qui est aujourd’hui menacé – réservée aux scolaires.

 - « D’un pôle à l’autre » à 18h30 : Océan ou 7e continent, l’Arctique et l’Antarctique nous fascinent tout autant. Pour mieux comprendre les enjeux actuels, la fragilité des régions polaires, la richesse du réservoir de glace de la planète – ouverte au public.

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