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Ecocitoyenneté


Ours danseurs : la fin est encore loin…

La France n’a quasiment plus d’ours. En Europe centrale, l’espèce est encore présente, bien présente. Avec plus 50 ans de décalage par rapport à nos propres régions, des pratiques et des coutumes d’un autre âge ont encore lieu. Les montreurs d’ours sont toujours nombreux, surtout dans les campagnes. Capturés oursons après l’abattage de leur mère, les ours sont utilisés pour glaner quelques pièces au cours des fêtes de village en les faisant « danser », ou pour amuser les clients des cafés locaux en les faisant boire de la bière. Lorsqu’ils ne sont pas en « représentation », les ours sont enchaînés dans une arrière cour, contraints par une chaîne attachée à un anneau de fer qui traverse leur cloison nasale. Leur misère n’ayant d’égale que celle de leur propriétaire, la nourriture et les soins sont rares. Les animaux souffrent de malnutrition et sont en proie à bien des maladies.

Il nous est facile d’accuser sans comprendre les contextes d’une misère sociale omniprésente dans ces régions qui ressemblent encore à nos campagnes de la fin du 19è siècle. L’intégration à l’Europe n’en est qu’à ses balbutiements, voire encore très éloignée. Lorsque les conflits déclarés ou larvés laissent un peu de répit aux politiques pour essayer de mettre en place une démarche allant dans le bon sens de l’évolution, les préoccupations se tournent en priorité vers les population humaines. L’animal et l’environnement passent bien après, et c’est hélas compréhensible, même si les choses pourraient parfois être menées de pair tout au moins pour l’urgence.

Malgré les difficultés économiques et l’aspect très rural, des associations se sont constituées pour inciter les autorités à prendre des mesures et à légiférer afin d’interdire la détention de ces animaux par des particuliers et des zoos trop petits pour les accueillir de façon décente.

Mais que faire des ours sauvés de leurs conditions misérables ? Il est impensable de les « réhabiliter » et de les replacer dans un milieu naturel sauvage. La seule solution possible est la création de centres de sauvetage spécialisés : les sanctuaires. Les ours sont débarrassés de leurs chaines, soignés, remis en état et stérilisés. Ils disposent de très grands enclos naturels dans lesquels ils peuvent vivre une existence d’ours correcte.

La Grèce, la Bulgarie, la Roumanie, la Croatie, la Georgie et quelques autres pays ont réussi à créer ces sanctuaires qui arrivent à s’autofinancer par les visites lorsque la réalisation est prévue pour acceuillir le public, ainsi que par des dons et par l’aide de fondations spécialisées.

D’autres pays sont sur le bon chemin, comme la Serbie qui a ratifié la Convention sur le commerce international des espèce de faune et de flore menacées d’extinction (CITES) et la Convention de Berne.

Cependant, l’adoption d’une législation et la ratification de conventions ne servent pas à grand’chose si elles ne sont pas accompagnées de mesures concrètes. Et c’est là que le bât blesse. La Serbie, malgré ses signatures et engagements, ne se presse guère pour permettre les sauvetages urgents. Bien qu’une procédure de transfert de 3 ours maltraités ait été engagée afin de conduire les animaux dans un centre d’accueil en Bulgarie, au dernier moment et pour des raisons inconnues, l’autorisation de transfert a été annulée et les ours sont toujours dans leur contexte de misère.

Que faire ?  Seule une information largement répandue par l’intermédiaire de campagnes de communication, doublée de demandes insistantes et de témoignages citoyens adressés aux autorités par l’intermédiaire de représentants locaux confirmés et influents peut permettre de débloquer des situations d’impasses. Lorsque les législations existent, il faut obtenir une mobilisation des autres pays d’Europe pour peser dans la balance et inciter au respect et à l’application effective des lois. Lorsqu’aucune réglementation n’existe, il faut par ces mêmes moyens arriver à obtenir des discussions, des débats publics afin que des lois puissent voir le jour. L’équilibre est bien difficile à trouver entre urgence et démocratie. Seules des structures nationales peuvent oeuvrer dans les pays concernés. Toute autre initiative étrangère isolée serait perçue comme une ingérence et aurait plutôt une influence négative. Cela n’empêche pas que les soutiens internationaux soient fondamentaux pour les structures nationales. Il faut montrer que le monde sait ce qui se passe et faire comprendre aux autorités locales qu’elles ne peuvent plus rester à la marge. Aucune avancée réelle n’aura lieu sans une législation claire, précise et sans mise en application de la réglementation, seules garantes de la pérennité de l’abolition des pratiques incriminées. Si ces mesures ne sont pas prises, quelques individus échapperont à leur condition grâce à des opérations « animalitaires » ponctuelles, mais tous les autres continueront à endurer leurs souffrances.

Il faut aussi préparer les structures d’accueil des animaux « récupérés », et offrir des compensations aux « détenteurs repentis »‘ afin qu’ils n’aient pas tendance à retrouver une nouvelle victime dès que l’ancienne sera sortie de leur horizon. Ceci peut être possible tout simplement en leur donnant un moyen de subsistance par un travail simple : devenir soigneur dans les centres de sauvetage, fabriquer des produits/objets artisanaux qui seront vendus dans le cadre d’un commerce équitable sont des voies possibles et logiques.

Parallèlement, il est indispensable de contribuer à faire prendre conscience des richesses naturelles, faunistiques et floristiques de ces régions aux paysages encore en grande partie préservés. Des forêts de montagne, des plateaux, des plaines humides, sont encore quasiment vierges, accueillant une faune libre et sauvage dans des écosystèmes disparus de la plupart des pays européens « anciens ». Les 5 prochaines années seront décisives : soit les pays prennent conscience de leurs richesses naturelles et font tout pour les préserver tout en bénéficiant de retombées économiques au travers d’un tourisme vert, soit ils laissent ces richesses se gangréner lentement mais surement au profit d’une urbanisation et d’une industrie qui ne sera de toutes façons jamais florissante. Dans la première hypothèse, l’Europe aura la chance de conserver en son sein une nature « authentique », dans la seconde les derniers sanctuaires disparaîtront en même temps qu’une faune qui avait traversé les millénaires.

Il suffit parfois de peu de choses pour faire pencher vers le bon côté ou vers le mauvais. Des projets sont tenus à bout de bras par des structures compétentes et enthousiastes. Il est du devoir de tous les écocitoyens de relayer l’information, d’aider à faire prendre conscience et de participer selon ses possibilités aux opérations et manifestations menées pour la protection et la conservation des espèces et des espaces. S’informer pour informer et participer.

Simple, non ?

Pierre Demeure

P.S. Le Journal Nature a plusieurs projets de communication et de participation à ces actions. Nous mettons en place un réseau que vous pourrez bientôt rejoindre.

Pour en savoir plus : www.vier-pfoten.org

26è Festival du film d’environnement 2008

89 documentaires, fictions et courts métrages venus de 37 pays différents seront à l’affiche du 26ème Festival International du Film d’Environnement qui aura lieu au cinéma La Pagode du 19 au 25 novembre.
Au cours du festival, dont le jury sera présidé par Luc Plamondon, seront organisés de nombreux débats et rencontres avec les équipes des films et des spécialistes de l’environnement, parmi lesquels Hubert Reeves qui viendra parler du « 4ème choc ».
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Organisé par la Région Île-de-France, le Festival International du Film d’Environnement est destiné à sensibiliser le public à l’écocitoyenneté en l’incitant à la réflexion et à l’action. Gratuit et ouvert à tous, ce festival a été créé en 1982 et s’est internationalisé au fil des ans en s’ouvrant à des thématiques comme le développement durable et solidaire. Ce festival fait découvrir au public des films récents et inédits en France, qu’il s’agisse de productions importantes en avant-première ou de films venus de pays rares sur les écrans parisiens. La plupart des projections ont lieu en présence du réalisateur ou de l’équipe du film.

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À l’affiche du Festival 2008
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> EN AVANT-PREMIÈRE

Deux événements cinématographiques seront projetés en avant-première pendant le festival : Les Ailes pourpres : le mystère des flamants de Matthew Aeberhard & Leander Ward, la première production Disneynature, et Mia et le Migou de Jacques-Rémy Girerd.

> EN COMPÉTITION

Les 15 documentaires, 25 courts métrages et 6 fictions sélectionnés abordent une grande variété de thèmes parmi lesquels la pollution des océans et le « continent de plastique » avec le film canadien Addicted to Plastic, les dangers sanitaires des produits dopants et anabolisants autorisés aux USA avec Bigger, Stronger, Faster de l’Américain Christopher Bell, la saga du pétrole avec Crude de l’Australien Richard Smith, la Disparition des abeilles, la fin d’un mystère, avec le documentaire français de Natacha Calestrémé, le réchauffement climatique avec le court-métrage suédois Global Warning de Martin Sandberg, les migrations avec Nulle part terre promise du Français Emmanuel Finkiel ou encore Frozen River, de Courtney Hunt, Grand Prix du Festival de Sundance 2008, l’histoire d’une femme qui fait passer la frontière américano-canadienne à des clandestins. Deux documentaires soutenus par des distributeurs français seront à l’affiche : L’Apprenti, de Samuel Collardey, Prix de la semaine de la critique à la Mostra de Venise, et I Am Because We Are de Nathan Rissman, sur le Malawi, présenté à Cannes et produit par Madonna.

> HORS COMPÉTITION
Pour compléter cette programmation 29 documentaires seront projetés hors compétition comme le « Bonheur national brut » de Sandra Blondel & Pascal Hennequin, Dégazez y’a rien à voir de Phippe Lucas ou encore The Nuclear Comeback de Justin Pemberton et Les pieds dans l’eau – Mbeub-mi, de El Hadji Mamadou Niang, soutenu par Youssou N’Dour.

> SÉANCE EXCEPTIONNELLE
Par ailleurs, Biùtiful Cauntri de l’Italienne Esmeralda Calabri, qui a pour thème le traitement des déchets et les zones d’ombre qu’il révèle dans nos sociétés, sera projeté au cours d’une séance exceptionnelle sous l’égide de l’association France Nature Environnement, à l’occasion de la semaine de réduction des déchets.

> EN CLÔTURE DU FESTIVAL
Le film collectif 8, de Jane Campion, Mira Nair, Gael Garcia Bernal, Jan Kounen, Gaspar Noé, Abderrahmane Sissako, Gus Van Sant & Wim Wenders, long métrage composé de 8 histoires courtes pour illustrer les 8 Objectifs du Millénaire pour le Développement, sera projeté en clôture du festival.

Composition du jury
Le jury sera présidé par le producteur et parolier Luc Plamondon et composé d’Alice Audoin, auteur du livre Ecolocash, Eric Glover, chef de service écologie et sciences de Courrier International, Michel Ouedrogo, président du Festival Panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou FESPACO, Patrice Francheschi, aventurier, écrivain et producteur de films et Michel Vampouille, vice-président chargé de l’environnement, du développement durable et de l’Écorégion au conseil régional d’Île-de-France.

Le jury Lycéens et apprentis sera présidé par l’écrivain Erik Orsenna, membre de l’Académie française. La marraine de la manifestation sera Danielle Mitterrand, présidente de la fondation France Libertés. entre le public et les équipes des films présentés auront lieu à l’issue des séances.

Les temps forts du Festival 2008

> DES RENCONTRES ET DES CARTES BLANCHES
De nombreux débats et rencontres
Des « cartes blanches » seront données à des partenaires du Festival International du Film d’Environnement : France 3 Paris Île-de-France Centre présentera :

Grandeur et brièveté de La Défense, un documentaire de Frédéric Biamonti sur l’urbanisation de cette ville et Ushuaïa TV proposera un regard sur des exemples concrets de développement durable avec Artisans du changement de Sylvain Braun.

Le Festival International du Film d’Environnement fêtera les 40 ans du Festival Panafricain du Cinéma et de la Télévision avec la projection d’Ezra, l’histoire d’un enfant soldat, en présence du réalisateur Newton I Aduaka.

Les 400 ans du Québec seront l’occasion de présenter plusieurs fictions et documentaires québécois majeurs des deux dernières années et d’accueillir l’astrophysicien Hubert Reeves qui participera à une conférence débat exceptionnelle sur Le 4ème Choc.

Une séance exceptionnelle permettra de découvrir en avant-première 15 minutes de rushes d’un documentaire en relief La forêt des abeilles d’Yves Elie, apiculteur et cinéaste, qui répondra aux questions du public.

La projection de Rouge très très fort, de Richard Texier, sera l’occasion d’une rencontre avec celui-ci et le peintre chinois Zao Wou-Ki.

> DES DÉBATS ANIMÉS PAR COURRIER INTERNATIONAL
Forêt, agriculture et développement durable seront au coeur de débats organisés par le Festival International du Film d’Environnement avec des spécialistes de ces questions :

- La Forêt source de vies, source d’envies : comment concilier protection et exploitation de la forêt ? Que peuvent être les interventions des citoyens et des consommateurs ? Un débat organisé par Natureparif.

- L’agriculture aux portes des villes : politiques, agriculteurs, architectes, chercheurs débattent du grignotage des terres : pourquoi et comment les préserver ? Quelles villes-solution ? Le « Triangle vert », un exemple à suivre.

L’action de la Région Île-de-France en faveur de l’environnement et du cinéma

Ce festival s’inscrit dans les politiques prioritaires menées par la Région Île-de-France en faveur à la fois de l’environnement mais aussi des industries du cinéma et de l’audiovisuel. En 2008, la Région aura consacré un budget de 1,537 milliard d’euros à l’écorégion. Elle est également la première collectivité territoriale impliquée dans le secteur du cinéma et de l’audiovisuel. Le Festival International du Film d’Environnement s’insère dans sa politique d’information et de sensibilisation de l’« écocitoyen ».

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