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Nature


Chantal Jouanno : il n’y aura pas de réintroductions d’ours dans les Pyrénées

Chantal Jouanno, secrétaire d'état

Chantal Jouanno avait déclaré au printemps qu’elle ne serait pas la ministre qui laisserait s’éteindre l’ours dans les Pyrénées. Elle ne sera certainement pas celle qui lui redonnera un avenir serein.
Elle doit se rendre à Toulouse le Lundi 26 Juillet pour rencontrer les « protagonistes », agriculteurs/éleveurs et associations écologistes, défenseurs de l’ours. Les déclarations ne seront vraisemblablement pas à la hauteur des espérances de ceux qui croyaient en un engagement fort pour l’espèce emblématique de la biodiversité en Pyrénées.

Le ministère semble ne plus vouloir parler de réintroductions, en raison des « réactions de rejet » de la part des éleveurs, des « problèmes, heurts et crispations » suscités qui selon Chantal Jouanno seraient néfastes à l’écologie qui ne doit pas se limiter à un seul symbole.

La population d’ours compte actuellement une vingtaine d’individus. La secrétaire d’état estime que les conditions d’une reproduction naturelle sont réunies et suffisantes, et ne souhaite désormais que remplacer les ours qui pourraient être tués. Ce serait uniquement un plan de conservation, pas un plan de renforcement.

La plupart des associations et organismes impliqués dans la conservation de l’espèce ours estimaient pour leur part que la population d’ours ne pourrait pas être viable en dessous d’au moins 70 individus (voire 100/150 pour certains).  Cap Ours, qui regroupe une trentaine d’associations, a adressé ces derniers jours au ministère une lettre ouverte faisant part de ses inquiétudes quant au respect des promesses et à l’avenir de l’ours, menaçant de relancer les actions citoyennes et juridiques auprès du parlement et de la commission européenne.

Selon plusieurs associations, la position du ministère témoigne une nouvelle fois d’une grande timidité, réserve, voire lâcheté face aux déclarations initiales et aux promesses faites lors des quelques réunions auxquelles il n’avait pu se soustraire suite aux campagnes menées par les associations.

La peur des lobbies agricole l’aura emporté sur le courage des décisions qui auraient pu marquer l’année de la biodiversité si souvent instrumentalisée pour donner bonne conscience. En effet, la réintroduction d’ours que certains espéraient pour cette année 2010 ne pourra pas se faire compte tenu de l’avancée en saison et de l’approche rapide de la période d’hivernage.  Et des réintroductions en 2011 interviendraient juste avant l’année des élections présidentielles…  avec tous les risques de mécontentement d’un certain pourcentage d’électorat.

Urs et Berna, les oursons du parc aux ours de Berne seront sauvés.

Deux oursons dans un zoo, début 20è siècle © Collection privée

Urs et Berna sont deux oursons nés à Berne dans le parc aux ours. Bien que l’ours soit le symbole de la ville, la direction du parc ne pouvait pas conserver les oursons, à la fois pour des raisons de place et pour éviter la consanguinité en cas de reproduction avec les parents. Il était donc envisagé de les euthanasier si un lieu d ‘accueil n’était pas rapidement trouvé.

Plusieurs associations et fondation, nombre de particuliers se sont mobilisés pour éviter le pire à ces deux boules de poils.

La Fondation Franz Weber, qui avait contribué au transfert de l’ours Miljen, sauvé d’un cul de basse fosse dans un cachot bosniaque il y a un peu plus de deux ans, a contacté ceux qui avaient activement participé à ce sauvetage. Pierre Demeure, qui avait réalisé le reportage d’images et avait conservé d’étroites relations avec le Refuge de l’Arche,  a informé Christian Huchedé (responsable et fondateur du Refuge) de la situation, en lui demandant s’il y avait une possibilité d’accueil des ours.  Par chance, un grand enclos jouxtant celui de l’ours Miljen était disponible, son occupante ayant trouvé la compagnie de Miljen très sympathique et s’étant décidée à rester avec lui.

C’est donc un grand terrain vallonné, planté d’arbres et comportant une mare qui est proposé aux autorités du parc et de la ville de Berne pour l’accueil des ours. La Fondation Franz Weber s’est chargée de transmettre cette proposition et participera au financement des opérations logistiques et du transfert.

Réponse du conservateur du Bärenpark de Berne : «Je suis heureux de pouvoir considérer vos indications comme une solution définitive pour un accueil assuré des ours ; leur survie est ainsi d’ores et déjà garantie.»

La station de montagne grisonne d’Arosa, en Suisse a elle aussi proposé une solution, mais coûteuse (env 2 Millions de FS) et qui demandera un certain temps de réalisation : la création d’un parc sur la station.

La décision est donc maintenant dans le camp de la direction du parc. Il devra cependant confirmer rapidement son choix, car les possibilités d’accueil des ours bruns sont très rares dans les parcs européens. Un site d’exception comme le Refuge de l’Arche, dont la vocation est de donner asile à des animaux en danger ou maltraités, ne peut pas se permettre de réserver un enclos qui resterait vide, alors que d’autres ours ne pourraient être recueillis et sauvés.

Les oursons ont donc aujourd’hui toutes les chances pour échapper à la mort annoncée.

Les loups du Gévaudan – interview de Joseph Matera, directeur du parc

Joseph Matera, directeur du parc des loups du Gévaudan, évoque l’historique du parc et son rôle.

Cliquez sur la flèche ci-dessous pour écouter l’interview

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Quelques explications sur la vie des loups, et quelques mots sur la « Bête du Gévaudan » qui terrorisa la région au 18è siècle.

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Les Loups du Gévaudan – 25ème anniversaire du parc.

Loup arctique (Canis lupus arctos) © P.Demeure

C’est en 1962 que Gérard Ménatory (1921-1998) obtient son premier couple de loups (Canis lupus) de Pologne, qu’il nomme Bialow et Toundra.

L’amour de ces animaux ne le quittera plus. Il les installe au Chastel Nouvel dans sa propriété de 3 ha, à proximité de Mende. En 1971, les loups sont transférés au parc zoologique de Sainte Lucie.

En 1985, et avec le concours du Conseil Général de la Lozère et de la SELO (Société d’économie mixte pour le développement de la Lozère), Gérard Ménatory fait de ce site le premier parc à loups où le public peut les observer dans des vastes enclos en semi-liberté.

Le parc des loups du Gévaudan accueille des loups de Mongolie, du Canada, de Pologne, de Sibérie et des loups arctiques du grand nord canadien. Sur la vingtaine d’hectares consacrés aux loups, sept sont ouverts aux visiteurs. Chercheurs, et étudiants peuvent observer le comportement du loup sur l’ensemble du territoire.

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Visite pédagogique © P.Demeure

Outre le fait de préserver cet animal, le parc cherche à sensibiliser petits et grands à l’importance de ce super-prédateur dans notre écosystème, en tentant d’atténuer toutes les peurs ancestrales, d’éliminer les idées reçues et de

faire connaître son intérêt dans la biodiversité de notre planète.

Même si le loup fait actuellement l’objet de nombreuses études, l’intérêt que suscite cet animal reste très récent ; les premières données à caractère scientifique ont été relevées il y a tout juste 70 ans (Adolph Murie en Alaska). Jusqu’alors, nos connaissances sur ce canidé, souvent décrié, étaient particulièrement limitées et fréquemment fondées sur l’imaginaire, l’inconscient et non sur de réelles observations. Le parc Les Loups du Gévaudan, qui rassemble 5 sous-espèces a pour rôle de faire évoluer l’image du loup auprès des populations, afin qu’à terme, le loup puisse vivre en totale harmonie avec l’homme dans notre pays.

Le parc propose des visites pédagogiques, ainsi qu’une brochure pour tout public à se procurer sur le site.

Actuellement le parc Les Loups du Gévaudan compte 136 loups et accueille prés de 80 000 visiteurs par an.

Des événements pour fêter les 25 ans

  • Maquillage des enfants : « ressembler à un loup parmi les loups », tous les mercredis après-midi du 07 Juillet au 25 août, le 27 octobre (spéciale Halloween), le 3 novembre, le 22 décembre (spéciale Noël) et le 29 décembre.
  • Représentation théatrale : « Qui a peur du grand méchant loup ? » . Les contes de Perrault revus et corrigés : le grand méchant loup est malheureux car il est incompris et personne ne l’aime, jusqu’au coup de théâtre final…
  • Les nocturnes du loup – «Percevoir les loups et leurs déplacements à la nuit tombante accompagné d’un spécialiste» : Tous les jeudis du 15 juillet au 12 août 2010, de 20h30 à 23h30,  le parc ouvrira ses portes exceptionnellement en soirée. Le public pourra ainsi assister à une visite guidée nocturne avec, pour clore la soirée, un essai de hurlement avec les loups.
    Cliquez sur la flèche pour écouter les loups hurler :

    Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

  • Les grands prédateurs de France (Ours, Loup, Lynx) les 25 et 26 Septembre, exposition, stand d’information et conférences.

Pour en savoir plus :

Le Cahier de Routes

Le site du parc des loups du Gévaudan

Un arbre rare originaire de Chine sur le point de refleurir.

Arboretum_Kalmthout_emmenopterys_tree_2009_350HL’Emmenopterys henryi, arbre rare de Chine, va tout prochainement à nouveau se couvrir de fleurs à l’Arboretum Kalmthout. Ce sera seulement la troisième fois que cet arbre planté dans ce jardin botanique vieux de 150 ans fleurira, et la cinquième fois qu’une floraison du genre se produira en Europe. Et cette année, la floraison s’annonce plus spectaculaire et grandiose que jamais, car l’arbre possède plus de panicules que toutes les précédentes floraisons confondues.

Voir un Emmenopterys en fleurs reste un événement aussi exceptionnel qu’extraordinaire, non seulement pour les botanistes mais aussi pour tous les passionnés de jardins et de plantes. Bien que la précédente floraison ne date pas d’il y a si longtemps que cela, cet arbre fleurit de façon très aléatoire ; avec un peu de malchance, la floraison se fait parfois attendre pendant 20 ans… voire plus !

Un illustre représentant du genre Coffea

L’Emmenopterys henryi est un arbre appartenant à la famille des Rubiacées, dont le caféier fait également partie. Si la plupart de ces arbres grandissent sous les tropiques, cet Emmenopterys pousse quant à lui tout simplement à l’extérieur, dans le jardin de l’arboretum. Dans la nature, ces arbres se développent au centre et au sud-ouest de la Chine, mais aussi au nord du Myanmar et en Thaïlande. L’Emmenopterys henryi peut vivre très vieux : en 2004, les membres d’une expédition botanique en ont découvert un exemplaire de 45 m de hauteur… qui était probablement millénaire. Mais l’exploitation des forêts et la croissance débridée de l’agriculture locale ont entraîné la disparition de nombreux Emmenopterys qui, aujourd’hui, constituent une espèce gravement menacée d’extinction.

Arboretum_Kalmthout_Emmenopterys_flowers_2006_2_350LIl suffit d’admirer cet arbre magnifique au moment de sa floraison pour comprendre les mots jadis prononcés par Ernest Wilson, le botaniste qui le découvrit : « One of the most strikingly beautiful trees of Chinese forests… » (L’un des arbres les plus merveilleux des forêts chinoises). On ne peut en effet que se pâmer devant les grands sépales blancs qui ressemblent étrangement à ceux de la Schizophragma, une plante grimpante apparentée à l’hortensia grimpante. Les fleurs blanc crème en trompette sont réparties en grandes panicules dans la couronne de l’arbre et diffusent un léger parfum très agréable. À l’intérieur de chaque grappe, toutes les petites fleurs individuelles ne fleurissent pas au même moment, d’où sa période de floraison relativement longue.

L’espèce a été découverte à la fin du 19e siècle par le célèbre botaniste Ernest Wilson. Mais ce n’est qu’en 1907 que celui-ci réussira à en implanter un exemplaire vivant aux Kew Gardens. La première floraison se fera attendre presque 70 ans ! À ce jour, les seules floraisons qui sont survenues ont été observées aux jardins botaniques Villa Taranto (Italie, 1971), Wakehurst Place (Grande-Bretagne, 1987) et Kalmthout (Belgique, 1987 et 2006).

Arboretum_Kalmthout_emmenopterys_visitors_on_scaffolding_2_350LUn échafaudage muni de plateformes d’observation

Comme les fleurs apparaissent presque toutes en hauteur, dans les branches supérieures de l’arbre, un échafaudage équipé de deux plateformes d’observation sera mis en place pour pouvoir admirer les fleurs de près en toute sécurité. Les plateformes seront placées à deux niveaux différents, le plus haut se situant à plus de 4 mètres. L’échafaudage sera installé à la fin du mois de juillet ou au début du mois d’août.

Un SMS pour être informé

Tout spécialement pour cet événement, une action SMS a été lancée pour informer rapidement les personnes intéressées de l’évolution de la floraison. Si vous envoyez le mot BLOEM par SMS au numéro 3455, vous serez automatiquement informé du moment où débutera cette floraison spectaculaire. L’envoi d’un SMS coûte 0,15 €, la réception est gratuite. Les personnes disposant de téléphones portables à l’étranger peuvent envoyer leur numéro via le site Internet de l’Arboretum Kalmthout.

Activités publiques

Outre la possibilité d’admirer l’Emmenopterys henryi depuis les plateformes d’observation, le public peut aussi partir, dans le jardin de l’arboretum, à la découverte d’autres arbres rares originaires de Chine. La promenade peut également se faire par ses propres moyens.

La dénomination scientifique Emmenopterys henryi étant difficile à prononcer pour beaucoup, l’Arboretum Kalmthout a décidé de lui trouver un nom Néerlandais un peu plus simple d’utilisation. Les suggestions sont les bienvenues sur le site Internet de l’Arboretum.

De plus, l’Arboretum Kalmthout organise un concours de photographie destiné aux photographes tant professionnels qu’amateurs. La participation – gratuite – est ouverte à tous dans deux catégories : l’arbre dans son environnement et l’arbre en botanique. Les participants doivent toutefois disposer d’un ticket d’entrée au jardin ou s’affilier (formules à partir de 35 €). Les photos peuvent être envoyées au site Internet par le biais d’un formulaire. Les lauréats, qui seront proclamés à la fin du mois de novembre, recevront des prix offerts par Foto Jos Joosen (Kalmthout). Quant aux photos gagnantes, elles seront publiées dans le cahier Nervatuur du magazine Tuinen van Eden.

Pourquoi les floraisons de l’Emmenopterys sont-elles aussi rares ? Le mystère reste entier…

Infos pratiques :

Dates et heures d’ouverture : Tous les jours de 10 à 17 heures

Début probable de la floraison de l’Emmenopterys henryi : mi-août

Entrées :Adultes : 5 €, enfants de moins de 12 ans : gratuit, réductions pour les seniors et les étudiants

Informations générales : www.arboretumkalmthout.be/fr

En plus :  Jeunes plantes à vendre au centre des plantes, Cartes postales disponibles dans la boutique cadeaux et livres

Coordonnées :

Heuvel 2, 2920 Kalmthout, Belgique
T +32 (0)3 666 67 41

Email : info@arboretumkalmthout.be

Les bords de champs cultivés, ultime refuge des mauvaises herbes ?

Exemple d'espèce ayant fortement régréssé : Orlaya à grandes fleurs (Orlaya grandiflora) - copyright INRA

Quel est l’impact potentiel de l’évolution des pratiques et paysages agricoles sur la végétation ? Pour y répondre, des chercheurs de l’unité de Biologie et gestion des adventices de de l’INRA de Dijon ont entrepris de quantifier la contribution des différents éléments d’un paysage agricole dans la composition et la diversité floristique.

A partir de relevés de la flore adventice (les « mauvaises herbes ») réalisés à trente ans d’intervalle, les chercheurs ont analysé l’évolution des espèces recensées à l’intérieur des parcelles cultivées. Ils ont aussi comparé la composition et la fréquence des adventices à l’intérieur des champs et dans les bordures considérées ici comme la bande la plus externe de la culture et faisant l’interface avec les talus, les chemins ou les haies attenantes. 222 espèces observées au cours de l’une ou l’autre des deux campagnes de suivi (réseau Biovigilance Flore) ont été comparées entre 1968-1976 et 2005-2006, sur les mêmes 158 parcelles de Côte d’Or.

Dynamique de disparition
En 30 ans, le nombre moyen d’espèces par parcelle cultivée (richesse spécifique) a chuté de 44% alors que le nombre moyen de mauvaises herbes par m2 (densité) a, quant à lui, diminué de 67%. Les parcelles sont donc globalement beaucoup plus « propres » de nos jours. La composition des communautés adventices s’est également fortement modifiée. Sur les 188 espèces recensées lors de la première campagne, 67 ont disparu contre seulement 34 nouvelles espèces recensées en 2005-2006.

Un tiers de ces espèces disparues des parcelles cultivées depuis les années 1970 ne se trouve plus que dans les bords des champs. Ceux-ci abritent dorénavant plus d’espèces végétales que l’intérieur des parcelles. Cette répartition touche aussi bien les espèces rares à valeur patrimoniale que les espèces les plus communes. Aujourd’hui, les bords des champs accueillent les reliques des populations adventices en déclin.

Ce déclin pourrait être d’autant plus préoccupant qu’il affecte des espèces reconnues pour leur rôle bénéfique dans le paysage agricole. Le fonctionnement des agro-systèmes pourrait en être affecté en privant certains oiseaux granivores ou insectes phytophages de sources de nourriture (pollen, nectar, graines…) ou d’habitat qu’elles procurent. D’ores et déjà, les chercheurs ont observé une disparition plus marquée des espèces pollinisées par les insectes. Les chercheurs de l’INRA de Dijon débutent des études complémentaires sur les relations entre les adventices et certains insectes, notamment les carabes dont certains sont prédateurs de graines des mauvaises herbes.

Longtemps considérées comme nuisibles, les mauvaises herbes des zones de culture ne bénéficient d’aucun statut de protection. Parmi les espèces de mauvaises herbes disparues complètement des parcelles cultivées, certaines, d’une grande valeur patrimoniale, sont sur la liste rouge du Plan national d’action pour la conservation des plantes messicoles, comme la gagée des champs (Gagea Villosa) et la nigelle des champs (Nigella Arvensis). Concilier l’activité de production agricole et le maintien de la biodiversité en zone de grandes cultures constitue un enjeu de recherche auquel participent les travaux sur l’évolution de la flore adventice.

Les bords de champs constituent un habitat probablement privilégié, dans l’espace cultivé, pour les espèces adventices moins compétitives car ils combinent à la fois moins de contraintes en termes de traitements herbicides ou fertilisants, et moins de perturbations liées au travail du sol. Les stocks de semences y seraient donc aussi plus importants. Ainsi, les bords de champs auraient un rôle à jouer dans le maintien de la diversité des espèces. Ne faisant pas l’objet de réglementation particulière d’aménagement, leur rôle à long terme dans la conservation des espèces adventices demeure toutefois incertain.

Le réseau Biovigilance Flore

Mis en place en 2002 par le Service de la protection des végétaux avec la collaboration de scientifiques de l’unité mixte de recherche Biologie et gestion des adventices, le réseau Biovigilance Flore vise à détecter, analyser et interpréter les changements de la flore en relation avec l’évolution des techniques culturales, à partir d’un suivi annuel d’environ 1000 parcelles couvrant toute la France.

 

Références :
Fried, G. et al., Arable weed decline in Northen France : Crop edges as refugia for weed conservation? Biological Conservation 142 (2009) 238-243, publié en ligne le 8 novembre 2008

Contacts : 

Xavier REBOUD
tél. : 03 80 69 31 81
xavier.reboud@dijon.inra.fr
Unité mixe de recherche « Biologie et gestion des adventices »
départements « Santé des plantes et environnement » et «Environnement et agronomie »
centre INRA de Dijon

ou :
Guillaume FRIED
Tel. : 04 99 61 26 59
fried@supagro.inra.fr
Laboratoire National de la Protection des Végétaux (LNPV) Station de Montpellier

L’anguille européenne : migrer ou ne pas migrer en eau douce ?

La biologie et l’écologie de l’anguille européenne n’ont pas fini de nous étonner. Ainsi au stade civelle, certains individus remontent les estuaires pour croître dans les rivières alors que d’autres effectuent tout leur cycle en mer. A Bordeaux, les chercheurs se sont penchés sur l’origine de cette divergence de comportements migratoires. Et si tout n’était qu’une question de réserve énergétique et de comportement alimentaire ?
Surpêche, pollution, aménagement des rivières, changement global etc. menacent de nombreux poissons migrateurs. Parmi les espèces en danger, on peut citer l’anguille européenne dont le stock d’individus aurait diminué d’un facteur 10 au cours des deux dernières décennies. Pour sauver l’espèce, l’urgence passe par une meilleure gestion des populations soumises aux pressions du milieu. Mais cela suppose en amont de bien connaître la biologie et l’écologie de l’espèce. L’exercice est complexe, car le cycle de vie de l’anguille européenne présente encore de nombreuses inconnues. Ainsi, l’espèce a longtemps été considérée comme un poisson migrateur qui se reproduit en mer et croît en rivière. Or, des études réalisées au cours de la dernière décennie ont révélé que certains individus ne réalisent pas leur croissance en eau douce. Des divergences migratoires existeraient au stade civelle. A Bordeaux et Saint-Pée-sur-Nivelle, dans le cadre d’une thèse co-encadrée par le Cemagref et l’INRA, Sarah Bureau du Colombier s’est penchée sur l’origine des différents patrons de migration des civelles d’anguilles européennes.

Trier les migrants et les sédentaires

Quelles caractéristiques morphologiques permettent de différencier une civelle sédentaire d’une civelle migratrice dans le milieu naturel ? La réponse à ce jour est « aucune ». Pour trier les individus en fonction de leur propension à migrer, la jeune doctorante a eu recours à des études comportementales. Pour remonter les estuaires, les civelles migratrices utilisent le courant de la marée montante. La lumière inhibant la migration, elles se déplacent de préférence à l’obscurité donc surtout de nuit.. En reproduisant en conditions expérimentales les deux principaux stimuli de la migration, il est alors possible de distinguer des individus très mobiles (forte propension à migrer) de ceux plus passifs, enfouis dans le gravier (faible propension à migrer). Les centaines de civelles suivies au cours des travaux ont été capturées en entrée d’estuaire ou au milieu de l’estuaire de l’Adour.

Une question de seuil d’énergie individuel

Lorsqu’elles remontent l’estuaire de l’Adour, les jeunes civelles cessent plus ou moins totalement de s’alimenter. Il s’agit d’un vrai « parcours du combattant » qui suppose de bonnes réserves énergétiques dés l’embouchure de l’estuaire puis une rapide reprise d’alimentation une fois la rivière atteinte. Pour vérifier ces hypothèses, la jeune scientifique a comparé le statut énergétique des deux catégories de civelles ainsi que leur capacité de reprise de l’alimentation. En milieu d’estuaire, les civelles ayant une forte propension à la migration semblent mieux armées du point de vue énergétique pour conquérir les eaux douces et y poursuivre leur croissance. En entrée d’estuaire les différences ne sont pas significatives. Ce résultat va dans le sens de l’existence d’un seuil d’énergie individuel déterminant si l’individu poursuivra ou non sa migration. Par ailleurs, les résultats ont également soulignés de plus fortes dépenses d’énergie et une reprise d’alimentation plus lente et/ou plus faible chez les civelles sédentaires.

L’ensemble de ces données a ensuite permis d’alimenter un modèle de migration estuarienne qui permettra à terme de simuler le comportement migratoire des populations de civelles en fonction de différents paramètres, dont certains liés au changement global du climat.

Un cycle de vie complexe

L’anguille européenne se reproduit près des côtes nord-américaines dans la mer des Sargasses. Les jeunes larves dénommées leptocéphales traversent l’océan Atlantique grâce aux courants marins.
A proximité des côtes européennes et nord-africaines, elles se métamorphosent en civelles (jeunes anguilles jaunes). Les individus se sédentarisent alors, en zone côtière ou estuarienne, ou remontent les cours d’eau. C’est après s’être métamorphosés en anguilles argentées que les adultes entreprennent leur migration de reproduction …vers la mer des Sargasses.

Nouvel Atlas de la flore du Finistère

Le Finistère dispose de paysages emblématiques, abritant des habitats naturels diversifiés ainsi qu’une flore aussi riche que variée.
Des ambiances méditerranéennes des rias du sud Finistère, aux atmosphères fraîches des tourbières des Monts d’Arrée, en passant par les littoraux exposés aux embruns, le Finistère accueille des espèces de plantes adaptées à tous types de situation. Cette richesse naturelle contribue à l’attractivité du département et au cadre de vie de ses habitants.
La nécessité de développer la connaissance précise de ce patrimoine afin d’en assurer une protection efficace a amené le Conseil général du Finistère à développer, dans le cadre de son Agenda 21, des partenariats avec les acteurs majeurs de la protection de la nature. Le Conservatoire botanique national de Brest en fait partie.
Mariant avec talent la rigueur scientifique et le dynamisme de ses bénévoles, il a progressivement regroupé une mine d’informations sur la flore du Finistère. Cette base de données nécessitait d’être mise en valeur et portée à la connaissance d’un large public.
Avec l’atlas de la flore du Finistère, Finistériens et visiteurs disposent aujourd’hui d’un document de référence qui leur permet de découvrir la richesse du patrimoine floristique du département, et les aide à en assurer une protection efficace, à l’heure où est mise en
évidence l’érosion préoccupante de la diversité biologique.
Le Conseil général a souhaité mettre à disposition gratuitement 1 000 exemplaires de cet atlas, répartis entre les :
- collèges publics et privés du Finistère, y compris Diwan ;
- bibliothèques ;
- collectivités gestionnaires d’espaces naturels ;
- partenaires du Conseil général pour l’éducation à l’environnement, et du Conservatoire
botanique…

L’ouvrage « La flore du Finistère – collection Atlas floristique de Bretagne – Éditions Siloë » est disponible dans les librairies du Finistère. Il est possible de le commander depuis toutes les librairies, aux éditions Siloë, 18, rue des Carmélites, 44 000 NANTES ( www.siloe.fr ) et sur les sites Internet de vente en ligne.

Les Ailes pourpres : Interview exclusif des réalisateurs.

L.Ward et M.Aeberhard

L.Ward et M.Aeberhard pendant notre interview

Le 17 Novembre, à l’occasion de la projection presse du film « Les Ailes Pourpres », nous avons eu la chance de pouvoir discuter avec les réalisateurs Matthew Aeberhard et Leander Ward. Ce sont deux cinéastes passionnés que nous avons rencontrés, dans la grande simplicité et la gentillesse qui caractérisent ceux qui vivent au contact du monde sauvage et ont depuis longtemps compris l’impérieux besoin de témoigner et de sensibiliser pour sa conservation. Matt et Leander avaient accordé en cours de tournage un entretien à Disney Nature, que nous vous rapporterons d’ici quelques jours. Nous avons trouvé inutile de poser les mêmes questions, et nous avons préféré recueillir leurs commentaires sur leur travail et leur vision du contexte dans lequel se situe le film qui sera bientôt sur tous les écrans (sortie le 17 décembre)

Le Journal Nature : Je pensais assister à la projection d’un film sur les oiseaux. Mais ce n’est pas seulement un film animalier, c’est aussi un film sur un paysage incroyable. On se croirait sur une sorte de Lune, ou remontés 65 millions d’années dans le passé, au moment de la disparition des dinosaures… Vous montrez que la vie des oiseaux est intimement liée à cette région très particulière. D’ailleurs les premières images du film situent cet horizon étrange, prémice à l’apparition magique du premier vol…

Matthew et Leander : Effectivement, ce fut notre intention dès la naissance du projet d’associer le cycle de reproduction des flamants à cette fantastique région d’Afrique. Nous avons effectué de longs séjours sur place afin d’essayer de comprendre cette alchimie entre la vie des oiseaux et les cycles d’un milieu très particulier. C’était devenu pour nous une sorte de complicité avec ce pays. Nous nous sommes immergés dans la nature, dans la beauté du paysage et dans une incroyable harmonie de couleurs et petit à petit le scénario du film s’est imposé de lui-même. Encore fallait-il le mettre en forme !

Nous avons aussi eu la chance d’assister à une série d’éruptions volcaniques qui ne se produisent qu’à intervalles de plusieurs dizaines d’années.

Nous avons voulu montrer un moment de la vie des flamants, tout en laissant le spectateur percevoir le mystère de cette relation intime entre le vivant, le minéral et la dimension du temps. Cette rencontre perdure depuis des millions d’années…

LJN : Les films animaliers montrent souvent des paysages verdoyants, des forêts qui créent une sorte de décor intime et offrent l’opportunité de compléter le sujet principal par des scènes de vie. Ici, rien de tout cela. Un croute de sel, une eau saturée de soude. Rien que des flamants dans une immense étendue hostile. N’était-ce pas un défi de réaliser un film de cinéma dans un tel contexte, à la fois minimaliste et gigantesque?

Matthew et Leander : On pourrait penser que les oiseaux rechercheraient des plans d’eau pure, une végétation abondante et des rives accueillantes. Ici, c’est une immensité presque minérale sur laquelle les flamants vont se regrouper pour donner la vie à une nouvelle génération. C’est presque un désert. Mais la contrepartie, c’est qu’ils bénéficient d’une quiétude qu’ils ne trouveraient nulle part ailleurs. Le sol est si hostile que les prédateurs, excepté les marabouts et quelques aigles, ne s’aventurent pas sur les lieux. Cela permet d’assurer un excellent taux de reproduction, qui ne pourrait certainement pas être atteint sur des zones plus accueillantes. De telles zones seraient propices à une prédation importante par de nombreuses espèces et accessibles aux hommes, donc menacées d’exploitations diverses voire de disparition, ce qui pourrait compromettre la survie de l’espèce concernée.

LJN : En parlant de l’homme, n’est-il pas lui aussi un danger pour les flamants à ce moment sensible de leur vie ?

Matthew et Leander : L’homme ne vient pas ici, tout simplement parce qu’il n’y a rien à glaner pour lui, du moins pour les populations locales. Ce sont essentiellement des Masaï dont la préoccupation est d’assurer la vie sereine des familles. Il y a presque 1 million de flamants qui viennent se reproduire. Cela dure depuis la nuit des temps.

LJN : Si l’environnement est hostile pour l’homme, ne l’est-il pas aussi pour les animaux ? Comment font-ils avec cette croûte de sel qui semble les envahir ?

Matthew et Leander : Le sel fait partie du mystère. La croûte se forme par évaporation et glissement, dans une parfaite synchronisation avec l’arrivée des flamants. Les oiseaux l’utilisent pour bâtir les nids. Il constitue un sol ferme, avec des ilots qui parsèment les zones recouvertes d’eau. Il est aussi un des facteurs des conditions biologiques du lac. En réalité, c’est tout un écosystème qui fonctionne ici. Le minéral est indissociable de l’organique. L’alchimie qui se produit dans les eaux du lac permet de développer un système alimentaire très particulier, avec prolifération d’une micro végétation. C’est elle qui donne la couleur rouge aux eaux du lac. Les adultes prennent cette couleur pourpre qui contraste avec le rose pâle du plumage lors de leur arrivée. C’est vraisemblablement ce qui va contribuer à la secrétion de cette sorte de « lait » rouge avec lequel ils vont nourrir les jeunes. C’est un peu comme chez les pigeons. Le tube digestif sécrète une substance riche en protéines que les parents font couler dans le bec des jeune. Pour les flamants, la substance nutritive est rouge, rouge par la nature de leur alimentation et rouge par l’apport d’un peu de leur propre sang.

LJN : Mais le sel semble aussi être un ennemi pour les jeunes…

Matthew et Leander : Certains ont les pattes quasiment enrobées d’une épaisse crôute de sel, un peu comme de lourdes bottes. Le sel appelle le sel, la croûte s’épaissit à tel point que le jeune flamant ne peut plus avancer. Il s’épuise et meurt sans pouvoir reganer le nid ou suivre les autres. Mais cela fait partie du jeu de la vie et de la mort. Seule une petite partie des jeunes est ainsi attaquée par le minéral. Il est vraisemblable que ce soient des individus moins robustes et la nature n’a aucune pitié pour eux. Pour certains, c’est aussi la malchance de ne pas avoir atteint assez vite une zone où l’eau est un peu moins concentrée en sel et qui leur aurait permis de dissoudre la croûte fatale.

LJN : On voit souvent les flamants comme des oiseaux « décoratifs », familiers des parcs. Ici, ce sont des centaines de milliers d’oiseaux qui se retrouvent, venus de tous les horizons d’Afrique. Sait-on pourquoi ?

Matthew et Leander : C’est incroyable, mais cela reste un mystère. Cette convergence a lieu depuis toujours. Elle fait partie des énigmes de règne animal. Mais il est vraisemble que ce soit la nature même – sauvage et vierge – de la région, les conditions très particulières et parfaitement adaptées à la biologie du flamant, le caractère sauvage et hostile pour les prédateurs qui en soient la principale raison. Ensuite, il y a la coordination de l’envol vers cette destination de toutes ces populations d’oiseaux venus de régions très différentes, le sens de l’orientation dont ils font preuvent, qui sont autant d’énigmes.

LJN : Les jeunes aussi vont se regrouper et partir quasiment tous ensemble, en formant des groupes. Obéissent-ils aussi à un appel de la nature que nous ne savons pas comprendre ?

Matthew et Leander : Cela fait aussi partie du mystère. Du mystère des flamants comme du mystère de la vie.

LJN : Les images sont fantastique, mais la musique du film lui donne une encore plus grande dimension. Pourquoi avoir cherché une telle perfection sonore qui prend autant de valeur que le visuel ?

Matthew et Leander : Oui, les images sont captivantes, et nous voulions que la bande son soit à la hauteur. Les parades et les danses des flamants sur cette musique composent un ballet, tandis que certains passages sont profondément empreints d’émotion. Nous avons voulu une sorte de symphonie, qui pourrait même s’écouter sans voir les images. Les yeux fermés, bien installé dans un fauteuil en rentrant du travail, les mélodies rappelleraient les moments magiques du film. Et que dire du CD écouté en voiture dans les embouteillages, qui permettrait à l’esprit de s’évader ! Cinematical Orchestra, compositeur et interprète ont fait un travail sensible et fantastique, allant au delà encore de ce que nous espérions.

LJN : Combien de temps sur place vous a demandé la réalisation de ce film.

Matthew et Leander : Le film ne dure qu’une heure et quart, mais nous avons travaillé 14 mois. En un mois, il ne se passe pas grand chose chaque jour. Seuls deux ou trois moments intéressants méritent une attention particulière. Mais pour arriver à saisir ces instants fugitifs, il faut être présent, tout le temps. Il faut toujours être là à guetter l’innatendu.

LJN : Etiez-vous tous les deux en même temps derrière les caméras ?

Matthew et Leander : Cela dépendait des périodes et des circonstances. Il nous arrivait d’être ensemble afin d’assurer lors de scènes importantes et fondamentales pour le film, mais sur un tournage comme celui-ci il y a mille choses à gérer et on ne peut pas tout laisser aux autres membres de l’équipe. Il faut s’occuper des voitures, de l’équipement, de l’intendance, de la logistique, de l’hovercraft et de plein de tâches quotidiennes. Ce n’est pas si tranquille qu’on pourrait le croire !

LJN : Comment avez-vous réalisé les vues aériennes du lac ?

Matthew et Leander : Afin de ne pas faire d’intrusion dans une nature préservée, nous voulions éviter au maximum de recourir à des appareils à moteur. Si nous avons effectivement utilisé un hélicoptère ou un avion pour filmer les séquences d’éruptions volcaniques et les paysages rocheux, nous ne pouvions nous résoudre à perturber l’environnement du lac et les flamants. Un de nos amis est spécialiste d’ULM et c’est ce moyen de survol que nous avons utilisé. C’est beaucoup plus silencieux, moins rapide, on glisse sur l’air et on se sent devenir oiseau…

Les prises de vues aériennes ont été réalisées en plusieurs fois, car les périodes durent lesquelles le lac prend ses couleurs sont courtes. De plus, l’aspect du lac se modifie en continu, pendant et après la présence des flamants. Il nous a donc fallu faire plusieurs séjours pour arriver à rendre compte des changements du paysage et des transformations cycliques du lac.

LJN : Lors de certaines prises de vues, la caméra est vraiment au coeur de l’intimité des oiseaux.Comment avez-vous procédé pour ne pas déranger les flamants et pour éviter de mettre les couvées et éclosions en danger ?

Matthew et Leander : Nous étions bien évidemment très sensibilisés à cette necessité de respect de la quiétude des oiseaux et il n’était pas question d’occasionner quelque dérangement que ce soit. Nous disposions d’un hovercraft auquel les oiseaux ne prêtaient guère attention. Pour eux, ce n’était pas un objet dangereux ou même suspect. Il pouvait glisser quasiment sans bruit, et nous étions dissimulés sur la plateforme ou dans la cabine. Cela nous permettait d’arriver très près en nous laissant dériver. L’hovercraft permet les déplacements sur une eau très peu profonde. Nous nous arrangions également pour arriver sur place la nuit, afin que les oiseaux ne soient pas perturbés par le mouvement, et nous ne repartions qu’une fois l’obscurité revenue. Et bien entendu, nous utilisions de très longues focales pour ne pas avoir à approcher trop près ni à venir au contact des animaux.

LJN : Les oiseaux se sont-ils habitués à votre présence ?

Matthew et Leander : Cela dépend des moments. Lors des danses et des parades, c’était comme s’ils se moquaient complètement de notre présence. Nous pouvions approcher de très près et ils ne manifestaient pas de signes d’inquitétude. Par contre, lors de la couvaison et après les éclosions, il fallait faire très attention, ne pas approcher trop près, ne pas faire de gestes brusques. Dès que nous avions le sentiment qu’un flamant était inquiet, nous nous éloignions lentement et une fois hors de sa distance de sécurité nous partions pour un autre endroit.

LJN : Quels sont les dangers qui menacent le Lac et les Flamants ?

Matthew et Leander : Le principal danger qui plane sur le lac salé, c’est l’exploitation de certaines ressources naturelles par l’industrie du verre qui a des besoins croissants.

Si des usines ou des sites d’extraction venaient à se développer, c’est tout cet écosystème qui serait en péril. Cet équilibre s’est maintenu durant des millénaires, mais il suffirait de quelques années pour le rompre à jamais.

Au travers de ce film, et en y intégrant le paysage, nous avons voulu contribuer à faire passer un message fort, afin que les autorités et les industriels prennent conscience qu’il n’est pas permis à l’homme de compromettre ce que la nature à bâti et qui fonctionne depuis si longtemps. Il faut que le gouvernement de Tanzanie arrive à répondre aux besoins de la population, qu’il développe l’enseignement et la formation afin que les gens puissent subvenir à leurs besoin par des pratiques d’agriculture durable sans avoir à piller les ressources naturelles. Il est fondamental, et c’est le rôle des cinéastes et des photogrpahes animaliers et de nature, de montrer la beauté du monde sauvage pour que la mobilisation soit générale pour sa défense et sa protection.

Interview par Pierre DEMEURE

Le film « Les Ailes pourpres, le Mystère des flamants » sort en salles le 17 décembre.

Le blaireau, de l’ombre à la lumière

Merci à Jean-Pierre Trinquecostes pour le prêt de sa photo (n.d.l.r.)

Merci à Jean-Pierre Trinquecostes pour le prêt de sa photo (n.d.l.r.)

Projection-débat le 12 décembre 2008 à 20 h 30 à l’E.P.L. Agro de Bar-le-Duc (Technopole Vilmorin)

La nuit tous les chats ne sont pas gris…

Le Blaireau (Ordre des Carnivores, Famille des Mustélidés) est le plus gros mustélidé d’Europe avec un poids de 6 à 17 kg (20 kg maximum à la fin de l’automne). Il présente un corps massif, des pattes robustes et une queue courte lui donnant une allure pataude de petit ours. Son pelage est gris avec les pattes et le ventre noirs et une tête blanche aux deux raies noires.

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Pour vivre heureux, le blaireau vit caché !

Il fréquente essentiellement les forêts de feuillus, et les milieux ouverts avoisinants. Il vit en groupe familial basé sur le couple et les jeunes. Animal nocturne, il n’est pas facile à observer, contrairement à ses terriers qui forment un ensemble complexe de galeries, de chambres reliées à l’extérieur par de nombreux trous facilement repérables aux talus de déblais et aux sentiers en partant.

Le blaireau, une bête de sexe !

Les accouplements ont lieu toute l’année, avec une période d’oestrus (ponte de l’ovule) uniquement de mi-janvier à début mars. La gestation dure deux mois, mais une ovoimplantation (implantation de l’embryon)
différée permet la naissance de un à cinq petits en février. La lactation durera trois mois avec les premières sorties des jeunes observables en avril. Il n’y aura donc qu’une portée annuelle. Le taux de mortalité des jeunes est important : 30 à 60 % n’atteindront pas un an. Les adultes dépassent rarement 5 ans en milieu naturel (15-20 ans en captivité).

A table !

Son régime alimentaire est de type omnivore (lombrics, fruits, racines, champignons, insectes, mollusques, amphibiens, charognes,…). Il peut occasionnellement provoquer quelques dégâts sur les cultures (maïs, blé,
avoine, vigne).

Sa tête est mise à prix…
… une bonne partie de l’année

Gazé jusqu’en 1988 en tant que vecteur potentiel de la rage alors qu’il est un cul de sac épidémiologique (pas de transmission du virus possible par son intermédiaire), il est depuis classé comme une espèce gibier dont la chasse est autorisée au fusil ou en vénerie (sous terre). Il n’est pas dans la liste des nuisibles mais il peut faire l’objet de destruction après autorisation préfectorale en cas de dégâts ponctuels ou d’une ouverture de la chasse sous terre anticipée au 15 mai au lieu du 15 septembre.

Pour en savoir plus…

Venez assister à la projection-conférence du film de l’association Meles « Le Blaireau, de l’ombre à la lumière » le 12 décembre 2008 à 20 h 30 à l’E.P.L. Agro de Bar-le-Duc (Technopole Vilmorin)…
Le film « Le blaireau, de l’ombre à la lumière » de Virginie BOYAVAL est l’aboutissement de plusieurs années de travail et de passion. Produit par l’association Meles (Meles meles est le nom scientifique du blaireau
européen), ce documentaire de 52 minutes témoigne de la situation actuelle du blaireau et de sa perception en France et en Europe. Tout en expliquant le mode de vie et le comportement de cette espèce, ce film est appuyé par des témoignages de scientifiques, naturalistes,
agriculteurs, chasseurs…

C’est avant tout un plaidoyer pour la protection du blaireau.

La projection du film documentaire, en présence de la réalisatrice, sera suivie d’un débat et d’une présentation d’un squelette de blaireau, crânes, empreintes.
Date & lieu : E.P.L. Agro de Bar-le-Duc (Technopole Vilmorin) le 12 décembre 2008 à 20 h 30
Organisation & informations : Meuse Nature Environnement, 83 rue de Véel 55000 Bar-le-Duc ; tél. : 03 29 76 13 14 ; fax : 03 29 76 83 68 ;
courriel : mne.asso@wanadoo.fr ; site : http://mne.asso.free.fr/

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