Incident au Muséum national d’Histoire naturelle

© MNHN/ P. Duray

© MNHN/ P. Duray

Un individu s’est introduit aux alentours de 3h ce matin (30 mars) dans les Galeries d’Anatomie Comparée et de Paléontologie du Muséum national d’Histoire naturelle pour tenter de dérober les défenses d’un spécimen d’éléphant.Le système d’alarme du Muséum a mis en fuite l’individu qui, dans la précipitation, a laissé sur les lieux sa tronçonneuse en marche, après avoir découpé une seule des deux défenses.

L’intervention rapide du service de sécurité du Muséum et de la Brigade Anti-Criminalité, a permis d’interpeler le fuyard à quelques dizaines de mètres de la Galerie (rue Geoffroy Saint-Hilaire).

D’une grande valeur historique et scientifique, cet éléphant a heureusement peu souffert de cette agression : bien que l’une de ses défenses ait été sciée, l’os n’a pas été endommagé, ce qui facilitera la restauration du spécimen. Par ailleurs, les défenses de ce spécimen n’étaient pas celles d’origine.

Dans cette attente, l’éléphant de Louis XIV (*), est toujours présent dans la galerie, restée ouverte au public. Un diagnostic plus précis de son état sera réalisé et d’ici-là, il demeurera recouvert.

La restauration de ce spécimen bénéficiera du soutien du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, Mme Fioraso ayant par ailleurs salué la réactivité des équipes du Muséum national d’Histoire naturelle et de la Police.

(*) L’éléphant de la Ménagerie de Versailles est le squelette complet le plus ancien de la Galeried’Anatomie comparée (à l’exclusion des momies). C’est le Roi Pierre II du Portugal qui l’offrit à Louis XIV en 1668. D’origine congolaise, cette femelle éléphant mourut, au terme de treize ans de captivité, au cours de l’hiver 1681. Il est considéré comme le type de l’espèce Loxodonta africana.

L’éléphant a été figuré dans des dictionnaires majeurs d’histoire naturelle, notamment ceux de Buffon et de Cuvier, sans oublier l’Encyclopédie de Diderot. Il a également inspiré nombre d’artistes, comme Gustave Moreau qui l’a prise pour modèle en 1881 pour illustrer plusieurs fables de La Fontaine.