Les 1ères Victoires du Paysage saluent les projets d’intégration dans l’urbanisme

Mardi 9 décembre 2008, 18 maîtres d’ouvrage (privés et publics), répartis dans 7 catégories, ont été récompensés dans le cadre des Victoires du paysage, au cours d’une cérémonie qui s’est déroulée au sein du Grand Amphithéâtre du Muséum d’Histoire naturelle de Paris.

Ce concours, organisé par Val’Hor (organisation interprofessionnelle pour la valorisation des produits et métiers de l’horticulture, de la fleuristerie et du paysage) et parrainé par le président de la Cité de l’Architecture et du Patrimoine, visait à récompenser les maîtres d’ouvrage (émetteurs de la commande) qui ont fait appel aux professionnels du paysage pour réaliser des espaces paysagers de qualité, à savoir un architecte paysagiste pour la conception, une entreprise du paysage pour la mise en oeuvre, et un ou plusieurs pépiniéristes pour la fourniture des végétaux, le tout pour des projets réalisés dans les 5 dernières années, sélectionnés sur dossier par un grand jury composé de nombreux professionnel du paysage.

En mettant en valeur des réalisations exemplaires, l’objectif était principalement de sensibiliser les élus, les chefs d’entreprises, les particuliers, à la prise en compte du végétal dans leurs projets d’aménagement et de construction.

Il s’agit ici de mettre en valeur le travail des professionnels du paysage, le partenariat entre les diverses professions -symbolisé dans le trophée, avec ses trois personnages juxtaposés, dont les bras viennent se terminer par des branches entremêlées – qui proposent une vision dynamique de l’aménagement paysager : acte de création et non la seule préservation d’un paysage « naturel ».

Ces espaces paysagers, créés par et pour l’Homme, résultent d’un processus de conception en relation avec un contexte, qu’il soit urbain ou rural, social ou historique. Trop souvent, l’architecte paysagiste n’intervient qu’en aval, pour orienter des plantations, alors qu’il doit jouer son rôle en amont : c’est un concepteur, qui respecte et comprend le lieu, capable de projeter et d’imaginer un paysage à maturité, et possède donc un savoir-faire et une expertise qui lui sont propres.

Pour près de 3 français sur 4, la présence d’un parc/espace vert à proximité a été décisif dans le choix du domicile, et près de la moitié souhaiterait que l’on impose un pourcentage d’espace vert dans les projets de construction.

Car le paysage fait partie intégrante de notre patrimoine. Perçu comme une richesse collective, il est surtout vecteur de notre identité. C’est en ce sens qu’il faut dépasser le simple titre de ville fleurie, qui récompense trop souvent en fonction de la quantité de plants installés, qui semblent davantage jouer le rôle de masques, plutôt qu’être le résultat d’une réelle pensée de l’espace et du paysage. Un paysage réussi n’est jamais un objet posé dans un environnement : chaque projet est différent, luttant contre une uniformisation du territoire.

Au-delà d’une volonté de renouveler notre approche du paysage, ce concours, qui vient affirmer l’identité de nos paysages, vise à promouvoir une démarche de qualité, assurer la concertation et la cohérence entre les élus, les prescripteurs privés, les professionnels et les citoyens, mais surtout de participer au développement durable du pays. Car ce travail ne se résume pas à de simples aménagements paysagers, mais intervient également sur la gestion des déchets et des ressources, notamment en matière d’économie de l’eau.

Ces Victoires du paysage ne cachent pas leur volonté de communication en direction des jeunes, avec la redécouverte de ce secteur relativement méconnu, pourtant porteur d’avenir (plus de 100 000 emplois actuellement), réparti sur l’ensemble du territoire, et surtout, ce qui est non-négligeable, qui sera toujours non délocalisable.

L’architecte paysagiste est au paysage ce qu’est l’architecte au bâtiment, et les opérations de construction et d’aménagement les plus réussies sont celles qui ont sû se baser sur cette double culture, où bâtiment et environnement sont pensés comme un tout indissociable.

La formation d’architecte paysagiste se déroule dans des écoles spécialisées. Tout d’abord, l’école historique : l’Ecole Nationale Supérieure du Paysage de Versailles, mais également celles de Bordeaux et de Lille, plus récentes. Ces trois écoles ont un concours d’entrée commun et délivrent le titre de paysagiste DPLG. On peut également suivre des études à l’Ecole du Paysage et de la Nature de Blois, à l’INHP d’Angers (une formation d’ingénieur) et à Paris, dans une école privée, l’Ecole Supérieure d’Architecture des Jardins.

Lauriane