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Les Eoliennes, nouveaux éléments du paysage ?

D’ici 2020, la France s’est engagée à ce que 21% (à titre indicatif, elle était de 10% en 2005) de l’énergie produite soit d’origine renouvelable, énergies qui dépendent pour la plupart de l’énergie solaire.

L’énergie éolienne est une forme indirecte de l’énergie solaire, puisque ce sont les différences de températures et de pressions induites dans l’atmosphère par l’absorption du rayonnement solaire qui mettent les vents en mouvement. Le vent fait tourner les pales de l’éolienne : l’énergie mécanique ainsi produite est transformée en énergie électrique, grâce à un générateur. Ce générateur est relié au réseau électrique, ou à un système de stockage, afin d’utiliser l’électricité même en l’absence de vent, en sachant que les éoliennes nécessitent généralement des vents compris entre 10 et 90km/h, et pour certaines de 4 à plus de 200km/h, soit une échelle correspondant à une grande partie du territoire. Les mats des éoliennes varient de 50 à 150 mètres, de manière à capter des vents plus puissants et moins violents.

Se pose donc la question de leur impact dans le paysage. Pour certains, elles le dénaturent, pour d’autres, elles le magnifient. Certes, on peut voir en elles des éléments de plus, à l’image des autoroutes, des pylônes électriques, des châteaux d’eau,  qui viennent « polluer » un paysage. Oui, les éoliennes ont un impact fort dans le paysage, mais il ne faut pas oublier que chaque projet nécessite un permis, délivré par le préfet, qui s’accompagne systématiquement d’une étude paysagère, de manière à respecter les caractéristiques historiques, culturelles et naturelles d’un territoire. N’importe qui ne peut donc pas en implanter n’importe où…

Et après tout, la notion de paysage est elle aussi inventée par l’homme, qui le façonne depuis toujours. Tout est question de point de vue. Pourquoi ne deviendraient-elles pas, au même titre que les phares, ou les moulins à vent, partie intégrante d’un paysage ?

Cependant, qu’on les juge esthétiques ou non, comme un élément architectural élégant ou comme une pollution visuelle, leur perception doit avant tout tenir compte de leur rôle dans la production d’énergie non polluante.

Les opposants diront que leur efficacité, d’un point de vue environnemental, est limitée, puisque le vent ne souffle pas constamment. Ou bien évoqueront les nuisances sonores, l’incidence sur la faune, ou encore la baisse de l’immobilier due à la présence des éoliennes.

Les partisans mettront en avant un cycle de vie respectant l’environnement (matériaux recyclables, restitution en quelques mois de l’énergie nécessaire pour sa fabrication, démontage simple pour une remise en état du site…). Les éoliennes de première génération étaient effectivement bruyantes. Mais des innovations technologiques ont considérablement amélioré ces données : diminution de la vitesse de rotation des pales, engrenages silencieux, intégration d’amortisseurs et de capitonnage… Et le niveau sonore n’augmente pas proportionnellement au nombre de machines.Des études ont montré qu’en moyenne, une éolienne est responsable de 0,4 à 1,3 oiseau tué par an, car la plupart identifient les pales et les évitent. C’est déjà trop, diront certains. Mais c’est aussi nettement plus faible que la plupart des facteurs humains (baies vitrées, autoroutes, lignes électriques aériennes…). Chaque projet éolien fait l’objet d’études d’impact, dans lesquelles on analyse les milieux naturels et les incidences sur la faune et la flore : les collisions directes (impact avec les pales, projections au sol…) et les modifications de l’habitat. Leur implantation tient donc compte, dans la mesure du possible, des territoires de nidification et des couloirs de migration. 

 

 

Et en contribuant à la réduction de l’émission des gaz à effet de serre, en luttant ainsi contre le réchauffement climatique, elles participent, en quelque sorte, au maintien de la biodiversité…

Mais surtout, l’énergie éolienne est une énergie propre, qui ne rejette pas de gaz à effet de serre, qui ne produit pas de déchets ou de stockage de matières dangereuses, et surtout une énergie inépuisable, puisqu’elle utilise la force du vent, contrairement aux énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon…)

Entièrement dépendante des conditions climatiques, elle ne peut effectivement remplir à elle seule tous les besoins en électricité, et ne peut donc être une source d’énergie de base, et ce comme la majorité des autres énergies renouvelables, et nécessite l’apport d’autres formes d’énergies.

Les parcs éoliens ne prétendent pas remplacer les centrales nucléaires, et le système est encore imparfait, mais pour prendre un exemple, une éolienne de 2 MW fonctionnant à pleine puissance pendant 3 mois produit 4 à 5 millions de kWh, soit l’électricité consommée par 4 000 personnes en moyenne… Autant d’électricité qui ne sera pas produite par des énergies polluantes…

On trouvera toujours quelqu’un pour dire que l’énergie éolienne ne profite qu’à ceux pour qui elle est directement rentable – propriétaires d’éoliennes ou collectivités locales, par le biais de la taxe professionnelle.

Mais il s’agit déjà d’un grand pas en avant vers des systèmes plus propres, et après tout, c’est peut être la planète qui a le plus à y gagner…

Lauriane

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